Si le volume de ventes immobilières a reculé à Vancouver et Toronto, en raison de la taxation des achats opérés par des étrangers, le marché immobilier fait preuve d’un bon dynamisme au Québec et à Montréal. En 2017, les ventes immobilières au Québec ont bondi de 6 %. À Montréal, elles ont progressé de 8 %. Une forte hausse des transactions immobilières Selon la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ), l’agglomération signe pour la troisième fois successive une augmentation du nombre de transactions immobilières avec une hausse de 6 % en 2017, marquant ainsi un record avec près de 83 000 biens vendus. Le directeur du service d’analyse du marché à la FCIQ, Paul Cardinal, estime que l’impact de la nouvelle réglementation, applicable depuis le début de l’année, et visant à contenir le marché hypothécaire, sera limité. De l’avis de cet expert, l’impact de la simulation de crise hypothécaire a été surestimé, c’est-à-dire les conséquences sur le marché et les premiers acheteurs. Paul Cardinal. Depuis le 1er janvier, les acheteurs qui ont la possibilité de passer outre l’assurance hypothécaire, en effectuant une mise de fonds de 20 %, sont eux aussi tenus de réaliser une simulation pour estimer leur capacité à encaisser l’aléa d’une hausse des taux d’intérêt. À titre d’exemple, s’ils ont souscrit un prêt à 3 %, il s’agit de simuler l’impact d’une hausse des taux à 5 %. Logiquement, cette nouvelle règle va moins affecter le marché ; l’effet se révèlerait même assez relatif, car les investisseurs qui placent une mise de fonds de 20 % disposent d’une marge de manœuvre plus importante pour se qualifier Paul Cardinal. , fait remarquer M. Cardinal. En revanche, ils n’auront pas la possibilité d’aller au maximum de leur taux d’endettement. Pour ce faire, ils devront emprunter moins. De belles perspectives pour 2018 À l’échelle du Québec, le prix médian présente une hausse de 3 %. Les copropriétés se négocient à 230 000 $ en moyenne, contre 242 500 $ pour les maisons unifamiliales. À Montréal, l’activité est plus dynamique. Le volume de transactions est en hausse de 8 % à 44 450, propulsé par un bond de 17 % des ventes parmi les copropriétés. Le président du conseil d’administration de la Chambre immobilière du Grand Montréal a déclaré dans un communiqué que la performance du marché immobilier montréalais l’an passé a été bien au-delà des estimations, dans une conjoncture marquée par des règles hypothécaires resserrées à l’automne 2016. Dans la métropole, le prix médian des copropriétés a augmenté de 3 % à 247 000 $. En hausse de 7 %, la plus forte en sept ans, les maisons unifamiliales se négocient à 310 000 $. Au Québec, le volume de transactions a augmenté de 2 %. Le prix médian a reculé de 1 % pour les copropriétés, et inversement, affiche une hausse de 1 % dans les unifamiliales. Important Ces situations contrastent fortement avec le cas de Toronto, où les transactions ont chuté de 18 % et Vancouver où le recul est estimé à 10 %. La conjoncture économique favorable de 2017 va vraisemblablement se prolonger cette année, ce qui, de l’avis du FCIQ, pourrait entraîner une nouvelle augmentation du volume de transactions immobilières (+3 %), ainsi qu’une hausse globale du prix médian (de l’ordre de 3 %). Surtout qu’au Québec, le niveau de confiance des consommateurs est au plus haut et que le chômage demeure relativement bas. Reste à voir la position qu’adoptera la Banque du Canada. En effet, la moindre hausse du taux directeur influera directement sur celui des prêts hypothécaires à taux variable. Les taux risquent d’augmenter, indique M. Cardinal.