-
Qu’est-ce que la garantie loyers impayés ?
-
Conditions d'éligibilité du locataire pour bénéficier de la GLI
-
Cumul avec une garantie complémentaire : ce que dit la loi
-
Combien coûte une assurance loyer impayé ?
-
Comment activer l’assurance loyer impayé ?
-
Questions fréquentes
Écrit par Elisa LEROUX .
Mis à jour le
17 août 2026 .
Temps de lecture :
9 min
La garantie loyers impayés (GLI) protège le propriétaire bailleur contre le risque de défaillance de paiement de son locataire. Souscrite par le bailleur, et non par le locataire, elle peut aussi couvrir les dégradations locatives et les frais de procédure selon les contrats. Fonctionnement, conditions d'éligibilité, coût et modalités d'activation : Meilleurtaux vous présente les points essentiels avant de souscrire.
- La garantie loyers impayés (GLI) est souscrite par le propriétaire bailleur, pas par le locataire.
- Elle couvre le loyer impayé, les charges, et selon les formules les dégradations locatives et les frais de contentieux.
- La loi interdit de cumuler une caution avec la GLI, sauf pour les étudiants et les apprentis.
- Le locataire doit justifier de revenus au moins 2,85 à 3 fois supérieurs au loyer et d'un taux d'effort inférieur à 33%.
- Le coût de la garantie représente en général entre 2,5% et 5% du loyer annuel charges comprises.
- L'indemnisation n'est généralement versée qu'après l'instruction du dossier par l'assureur. Selon le contrat, une franchise peut également s'appliquer avant le premier versement.
Qu’est-ce que la garantie loyers impayés ?
La garantie loyers impayés est un contrat d'assurance facultatif que le propriétaire bailleur souscrit pour se protéger contre les impayés de son locataire. Elle se distingue nettement de la caution, apportée par le locataire lui-même.
Une garantie souscrite par le bailleur, pas par le locataire
Contrairement à ce que son intitulé laisse parfois penser, la garantie loyers impayés (GLI) n'engage jamais le locataire : elle est souscrite et payée par le propriétaire bailleur. Elle peut être souscrite indépendamment d'une assurance habitation ou en complément d'un contrat, selon les assureurs.
Elle sécurise les revenus locatifs face au risque de défaillance du locataire, quelle qu'en soit la cause : perte d'emploi, séparation, décès ou départ prématuré. La souscription intervient en général au moment de la mise en location, avant la signature du bail ou dans les jours suivant l'entrée du locataire dans les lieux. Au-delà de ce délai, l'assureur peut imposer un délai de carence supplémentaire.
Les garanties incluses dans le contrat
Le socle de la garantie loyers impayés couvre généralement :
- Les loyers impayés, dans la limite des plafonds et de la durée prévus au contrat ;
- Les frais de contentieux engagés pour le recouvrement des sommes dues, comme les honoraires d'avocat ou de commissaire de justice.
- Les dégradations immobilières
Selon les contrats, des garanties complémentaires peuvent également être prévues, notamment :
- En cas d'inoccupation anticipée du bien assuré
À ne pas confondre La garantie loyers impayés ne doit pas être confondue avec la garantie « perte de loyers » parfois incluse dans un contrat d'assurance habitation propriétaire non occupant (PNO). Cette dernière indemnise le bailleur lorsque le locataire est contraint de quitter le logement à la suite d'un sinistre garanti, comme un incendie ou un dégât des eaux, et non en cas de simple impayé.
Délai de carence et plafonds d'indemnisation
Selon les contrats, un délai de carence ou une franchise peut s'appliquer. Le délai de carence correspond à la période suivant la souscription pendant laquelle les impayés ne sont pas couverts. La franchise désigne quant à elle la période restant à la charge du bailleur avant le versement de l'indemnisation. Les modalités varient selon les assureurs. Les contrats fixent également un plafond global d'indemnisation, souvent compris entre 70 000 et 120 000 €., ainsi qu'une durée de prise en charge de 24 ou 36 mois, voire illimitée dans certains cas.
Conditions d'éligibilité du locataire pour bénéficier de la GLI
Pour accepter un dossier, les compagnies d'assurance étudient de près :
- Les revenus mensuels du locataire. Ils doivent généralement être 2,85 fois supérieurs au prix du loyer, charges comprises.
- La nature du contrat de travail. Les assureurs privilégient généralement les locataires en CDI hors période d'essai, même si d'autres profils peuvent être acceptés selon leurs critères de souscription.
- Son taux d'effort, c'est-à-dire le rapport entre ses dépenses liées au logement (loyer et charges) et ses revenus, qui ne doit généralement pas dépasser 33%.
Le locataire doit justifier ses revenus par le biais de ses bulletins de salaire, de son contrat de travail et de son avis d'imposition. Pour un locataire déjà en place depuis moins de six mois au moment de la souscription, l'assureur examine aussi la présence d'éventuels impayés antérieurs ; au-delà de six mois d'ancienneté, l'absence de tout retard de paiement est généralement exigée. Pour un même profil, chaque assureur adapte son offre comme il l'entend.
Le regard de l'expert Selon Christophe Triquet, directeur assurance de Meilleurtaux.com, il est essentiel de contrôler que les critères requis par l'assureur ne sont pas totalement irréalistes au moment de choisir son contrat : des conditions d'éligibilité trop strictes risquent de priver le bailleur de nombreux profils de locataires pourtant solvables.
Cumul avec une garantie complémentaire : ce que dit la loi
En principe, le bailleur peut choisir de sécuriser la location soit par une garantie loyers impayés, soit par un cautionnement fourni par le locataire (caution personne physique, caution bancaire, etc.). En revanche, il ne peut pas cumuler ces deux dispositifs pour un même bail, sauf dans les cas prévus par la loi. Ainsi, lorsqu'il a souscrit une garantie loyers impayés, il ne peut pas exiger en plus un cautionnement du locataire, sauf si celui-ci est étudiant ou apprenti.
Combien coûte une assurance loyer impayé ?
Le coût d'une garantie loyers impayés représente généralement entre 2,5% et 5% du montant annuel du loyer charges comprises. La cotisation est calculée en fonction du loyer, mais aussi du niveau de garanties choisi et des conditions de souscription proposées par l'assureur.
Pour sélectionner un contrat adapté, il est recommandé de ne pas se limiter au prix et de comparer également les éléments suivants :
- La durée d'indemnisation : limitée à 12, 24 ou 36 mois chez certains assureurs, elle est illimitée chez d'autres. Une durée d'indemnisation de 24 mois ou plus offre généralement une protection plus confortable, certaines procédures de recouvrement ou d'expulsion pouvant s'étendre sur plusieurs mois.
- Les plafonds d'indemnisation : le plus souvent compris entre 70 000 et 120 000 €. Le plafond du montant du loyer lui-même varie aussi selon les contrats.
- Le délai de carence : il s'agit de la période suivant la souscription pendant laquelle aucun sinistre ne peut être pris en charge. Certains assureurs prévoient un délai probatoire, généralement de 3 mois, lorsque la garantie est souscrite alors que le locataire est déjà en place. Durant cette période, les impayés ne sont pas nécessairement couverts. Les modalités varient toutefois selon les contrats.
- La franchise et le délai de versement : la franchise désigne la période qui reste définitivement à la charge du bailleur ou qui retarde l'indemnisation. Dans la plupart des contrats sans franchise réelle, l'indemnisation finale est rétroactive dès le premier euro impayé, mais le versement effectif par l'assureur n'intervient qu'après un délai d'instruction compris entre 3 et 4 mois, le temps de valider les démarches préalables.
- Les exclusions de garantie : attention aux clauses limitatives de certains contrats (types de bail exclus, non-prise en charge des colocations, etc.).
Comment activer l’assurance loyer impayé ?
La procédure préalable à respecter
Avant toute déclaration à l'assureur, le bailleur doit :
- Relancer le locataire par mail ou par téléphone dès les premiers jours de retard, pour identifier la cause de l'impayé.
- Envoyer une lettre de mise en demeure par recommandé avec accusé de réception si la relance reste sans effet.
- Faire signifier un commandement de payer par un commissaire de justice, anciennement appelé huissier, si la mise en demeure n'aboutit pas.
Une copie du commandement de payer doit ensuite être transmise à l'assureur pour activer officiellement la garantie. Le non-respect de cette procédure de recouvrement amiable préalable peut entraîner une déchéance de garantie : mieux vaut donc en vérifier les modalités exactes dans les conditions générales avant tout impayé.
Le versement de l'indemnisation
Une fois le dossier accepté, l'assureur verse au bailleur l'ensemble des loyers et charges impayés depuis le premier incident, dans la limite des franchises et du plafond d’indemnisation prévus au contrat. Il peut ensuite se substituer au propriétaire pour recouvrer la dette directement auprès du locataire, par subrogation. Cette démarche de recouvrement reste indépendante de l'indemnisation versée au bailleur : son outcome n'a pas d'incidence sur les sommes déjà perçues. Certains contrats prévoient une franchise, c'est-à-dire une période initiale non indemnisée, qu'il convient de vérifier avant la souscription.
GLI ou garantie Visale : quelle formule choisir ? La GLI privée reste la formule la plus complète, avec des plafonds d'indemnisation élevés et une couverture étendue aux dégradations et aux frais de contentieux. La garantie Visale, gratuite et proposée par Action Logement, s'adresse en priorité aux profils jugés atypiques par les assureurs classiques : jeunes actifs, alternants, salariés en CDD. Elle couvre les impayés et certaines dégradations, mais dans la limite de plafonds de loyer et pour une durée de bail définie.
Questions fréquentes
L'assurance loyers impayés est-elle obligatoire pour le bailleur ?
Non, elle reste facultative. Aucune loi n'impose au propriétaire d'y souscrire, mais elle est fortement recommandée dès lors que le loyer sert à rembourser un crédit immobilier ou représente une part importante des revenus du bailleur. À défaut d'assurance loyers impayés, le propriétaire peut se tourner vers une caution ou vers la garantie Visale d'Action Logement, sous réserve que le profil du locataire soit éligible à l'un de ces dispositifs.
Que devient l'assurance si le locataire quitte le logement en cours de bail ?
Le départ du locataire ne met pas systématiquement fin au contrat : tout dépend des conditions prévues par l'assureur. Le bailleur doit dans tous les cas signaler toute évolution de situation pouvant affecter le contrat, comme l'entrée ou le départ d'un locataire, et constituer un nouveau dossier d'éligibilité pour le locataire entrant. Un départ prématuré sans respect du préavis peut par ailleurs être couvert au titre de la vacance locative.
Peut-on résilier son assurance loyers impayés en cours d'année ?
Les contrats de garantie loyers impayés sont généralement conclus pour une durée d'un an et renouvelés par tacite reconduction. Le bailleur peut demander leur résiliation à chaque échéance annuelle, sous réserve de respecter un préavis de deux mois, selon les modalités prévues par le contrat. Lorsqu'il a souscrit le contrat à titre non professionnel, il peut également le résilier à tout moment à l'expiration d'un délai d'un an à compter de la première souscription, conformément aux règles applicables aux contrats d'assurance concernés.
La cotisation est-elle déductible des impôts ?
Oui, pour les bailleurs relevant du régime réel d'imposition des revenus fonciers, la cotisation versée est déductible du montant des loyers perçus, ce qui réduit la base imposable. Ce n'est pas le cas pour les propriétaires relevant du régime micro-foncier, qui bénéficient uniquement d'un abattement forfaitaire de 30% sur leurs revenus locatifs.
Ça peut vous intéresser
- Devenir propriétaire d’un logement social en 2026 & assurance habitation
- Stratégie de gestion des risques liés aux loyers impayés
- Assurance et gardiennage de maison secondaire
- Peut-on voter dans la commune de sa résidence secondaire ?
- Peut-on souscrire une assurance contre les squatteurs ?
- Qui est concerné par la Taxe sur les Logements Vacants (TLV) ?
- Assurance copropriété : comment choisir
- Assurance PNO (propriétaire non occupant)