Le passage vers les véhicules électriques inquiète les professionnels allemands de l’industrie automobile

voiture électrique branchée en charge

Pièce maîtresse de l’économie allemande, l’industrie automobile pourrait faire face à la suppression d’un tiers de ses postes d’ici 2030. Pour cause, les constructeurs ainsi que leurs partenaires ont décidé de passer vers la mobilité électrique. Pourtant, ils restent majoritairement spécialisés dans les moteurs thermiques (essence et diesel) pour l’instant.

Dans l’Union européenne, 3,5 % des nouvelles mises à la route en 2019 portaient sur des voitures hybrides ou électriques. D’ici la fin de la décennie, cette part pourrait monter entre 35 à 47 %. Parmi les explications à cette transformation se trouvent les réglementations adoptées sur le continent. Depuis quelques temps, les fabricants ont été contraints d’investir davantage dans la mobilité verte pour se conformer aux normes antipollution. D’autant plus que la conscience environnementale gagne de plus en plus les consommateurs.

Face à cette situation, la Fédération de l’industrie automobile allemande (VDA) s’alarme pour les répercussions sociales. Une crainte justifiée par les résultats de l’analyse de l’institut Ifo.

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Une perte importante d’emplois

Commandée par l’organisation professionnelle, l’étude révèle qu’en Allemagne, la marche vers la mobilité électrique s’accompagne d’une suppression de :

  • 221 000 fonctions d’ici quatre ans ;
  • 288 000 postes à l’horizon 2030.

Pour information, les activités rattachées à la fabrication de véhicules à moteur thermique regroupent 613 000 personnes en outre-Rhin. L’Ifo annonce alors que l’on comptera plus de suppressions de postes que des personnes partant à la retraite. À noter que dans le segment des véhicules essence et diesel, 75 000 Allemands devraient prendre leur retraite en 2025. En 2030, les observateurs tablent sur le double. Ce qui entraînerait une baisse conséquente du volume de travail, sauf si des offres d’apprentissage et de reconversion sont proposées. En parallèle, le phénomène aura également un impact sur les autres filières (concessions,assurances auto, etc.) dans une certaine mesure.

Dans l’Hexagone, le virage vers l’électrique pourrait coûter la perte de leur emploi chez 65 000 Français d’ici 2030. Une déclaration faite par le président de la Plateforme automobile (PFA), Luc Chatel vers fin avril.

Un bilan total difficile à établir

Pour l’instant, il est compliqué d’estimer le nombre de postes qui pourrait être sauvé par les inventions dans la filière électrique. C’est ce qu’ont indiqué les professionnels de l’Ifo. L’un d’entre eux affirme toutefois que :

Cela ne veut évidemment pas dire que si moins de moteurs thermiques sont produits, toutes les personnes travaillant dans ce secteur vont se retrouver au chômage.

D’ailleurs, l’estimation du nombre total de suppressions de postes s’annonce difficile, compte tenu :

  • Du changement d’emplacement des sites de fabrication des voitures électriques ;
  • De la modification des critères requis lors des recrutements. En effet, les connaissances informatiques seront davantage privilégiées.

Dans tous les cas, la probabilité se penche principalement sur un solde final négatif.

Concernant le passage vers ce nouveau secteur, le président de l’Ifo, Clemens Fuest souligne que :

Particulièrement pour le secteur des sous-traitants, qui est dominé par les petites et moyennes entreprises, la transition vers l’électromobilité est un défi majeur.

Clemens Fuest

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