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Dans quels cas pouvez-vous espérer un remboursement ?
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Les 3 cas où un remboursement est possible
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Comment faire votre demande de remboursement ?
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Que faire en cas de refus de remboursement ?
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Le cas particulier des remboursements collectifs des années 1990
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FAQ - Questions fréquentes sur le remboursement de l'assurance emprunteur
Écrit par Virginie D. .
Mis à jour le
1 juillet 2026 .
Temps de lecture :
11 min
Dans un crédit immobilier, l’assurance emprunteur, bien que non obligatoire, est quasi systématiquement imposée par les établissements bancaires. En fonction de votre âge et de votre profil, elle peut s’avérer onéreuse, et donc augmenter considérablement le coût total de votre prêt.
Dans un crédit immobilier, l'assurance emprunteur, bien que non obligatoire, est quasi systématiquement imposée par les établissements bancaires. En fonction de votre âge et de votre profil, elle peut s'avérer onéreuse, et donc augmenter considérablement le coût total de votre prêt.
Mais une fois le crédit remboursé, peut-on espérer récupérer une partie de ce qui a été versé ? La réponse dépend surtout de votre situation : un remboursement par anticipation, des prélèvements après la fin du crédit ou des réserves excessives chez l'assureur ouvrent chacun des droits différents. Meilleurtaux fait le point sur les cas où une demande a des chances d'aboutir.
- Le remboursement de l'assurance emprunteur n'est pas automatique : il ne s'enclenche que dans des situations bien précises.
- Trois cas concrets permettent d'espérer une restitution de cotisations : un remboursement de prêt par anticipation, des prélèvements maintenus après la fin effective du crédit, ou des réserves techniques jugées excessives chez l'assureur.
- Dans tous les cas, la démarche n'est pas automatique : il faut adresser une demande écrite, et les délais pour agir varient selon le motif invoqué.
- Le sujet des remboursements collectifs liés aux pratiques des années 1990 reste très médiatisé, mais il concerne un nombre limité de contrats anciens et les chances d'obtenir gain de cause à titre individuel restent faibles.
- La loi Lemoine permet, elle, de changer d'assurance de prêt à tout moment pour réduire sa cotisation : une piste d'économie plus simple à activer qu'une demande de remboursement.
Dans quels cas pouvez-vous espérer un remboursement ?
Lorsque le prêt arrive à son échéance normale et est intégralement remboursé, l'assurance emprunteur devient superflue et cesse généralement à la même date que le crédit, sans qu'aucune démarche ne soit nécessaire. Il n'y a alors rien à réclamer : vous avez payé pour une protection que vous avez effectivement eue, mensualité après mensualité, jusqu'au terme prévu.
La question d'un remboursement ne se pose donc que lorsque la situation sort de ce schéma classique. Trois configurations principales peuvent vous permettre de récupérer une partie des sommes versées : un solde anticipé du crédit, des cotisations prélevées alors que le prêt était déjà remboursé, ou un excédent constitué par l'assureur sur vos primes. Ces trois cas ne fonctionnent pas de la même façon ni avec les mêmes délais, d'où l'intérêt de bien identifier dans laquelle de ces situations vous vous trouvez avant d'engager une démarche.
Les 3 cas où un remboursement est possible
Vous avez remboursé votre prêt par anticipation
Quand vous soldez votre crédit avant son terme, par exemple à la suite d'une vente du bien, d'un rachat de crédit ou d'une rentrée d'argent imprévue, l'assurance emprunteur prend fin automatiquement puisqu'elle est indissociable du prêt qu'elle garantit. Sans capital restant à couvrir, elle perd son objet.
Le réflexe à avoir est néanmoins de prévenir formellement votre assureur, en particulier si vous avez opté pour une délégation d'assurance externe : envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception, accompagnée de l'attestation de remboursement intégral délivrée par votre banque, en demandant la résiliation du contrat à la date de solde du prêt. Si vos cotisations étaient calculées et payées d'avance pour une période qui dépasse la date de remboursement anticipé, vous pouvez alors réclamer la restitution de la part de prime correspondant aux mois non couverts. En revanche, si elles étaient prélevées mois par mois au fil de l'eau, il n'y a généralement rien à récupérer puisque vous n'avez payé que pour la période réellement assurée.
Il y a eu des prélèvements après la fin effective du crédit
Il arrive, notamment en cas d'erreur administrative entre la banque et l'assureur ou si la résiliation n'a pas été correctement enregistrée, que des cotisations d'assurance emprunteur continuent à être débitées alors que le crédit est déjà totalement remboursé. Ces sommes sont alors prélevées indûment : elles ne correspondent à aucune garantie réellement en cours, puisqu'il n'y a plus de prêt à protéger.
Dans cette situation, vous êtes en droit d'en demander l'intégralité du remboursement. Il est conseillé de vérifier vos relevés bancaires dans les mois qui suivent la fin officielle du crédit pour repérer d'éventuels prélèvements anormaux, puis d'adresser une demande écrite à l'assureur en joignant l'attestation de fin de prêt et le détail des sommes contestées.
L’assureur a constitué des réserves techniques trop importantes
Pour faire face aux sinistres qu'il pourrait avoir à couvrir (décès, invalidité, incapacité), un assureur met de côté une partie des primes collectées sous forme de réserves techniques, calculées sur la base d'hypothèses de risque. Si, sur la durée du contrat, peu ou aucun sinistre n'a été déclaré, l'écart entre les sommes provisionnées et les sommes réellement utilisées peut s'avérer important : on parle alors d'un excédent technique et financier.
Le Code des assurances encadre justement cette situation : l'article L331-3 prévoit que les entreprises d'assurance vie ou de capitalisation doivent faire participer leurs assurés aux bénéfices techniques et financiers qu'elles réalisent, selon des conditions fixées par l'État. C'est précisément ce mécanisme qui est à l'origine du dossier des remboursements collectifs des années 1990, détaillé plus bas.
Dans la pratique, démontrer que les réserves constituées par votre assureur étaient excessives suppose d'accéder à des données actuarielles et comptables que seul l'assureur détient, ce qui rend une démarche individuelle particulièrement difficile sans l'appui d'une association de consommateurs ou d'un collectif déjà constitué.
À noter que, l’article L331-3 n’étant plus en vigueur, pour être potentiellement éligible, le prêt doit avoir été souscrit au cours de la période concernée : de 1996 à 2005 pour les crédits immobiliers et de 1997 à 2007 pour les crédits à la consommation.
Comment faire votre demande de remboursement ?
Quel que soit le cas qui vous concerne, deux voies sont possibles : la démarche individuelle ou l'action collective.
Pour une demande individuelle, adressez un courrier en recommandé avec accusé de réception à votre banque, à votre assureur, ou aux deux. Ce courrier doit comporter vos coordonnées, votre numéro de contrat, les références du prêt, le motif précis de votre demande (remboursement anticipé, prélèvements indus ou participation aux bénéfices au titre de l'article L331-3 du Code des assurances) ainsi qu'une demande de remboursement signée.
Pour appuyer votre dossier, pensez à réunir une copie de votre contrat de prêt, votre ancien contrat d'assurance, l'attestation de fin de prêt ou de remboursement anticipé délivrée par la banque, ainsi que tout justificatif de paiement de vos cotisations. Une copie de votre courrier peut également être transmise à la DGCCRF ou au médiateur de l'assurance pour renforcer votre demande.
Cette voie individuelle a toutefois ses limites : elle prend du temps, peut générer des frais si vous faites appel à un avocat, et nécessite parfois d'obtenir et d'analyser des informations financières détenues uniquement par l'assureur. C'est pourquoi, lorsque plusieurs emprunteurs se trouvent dans une situation comparable, beaucoup se tournent vers des associations de consommateurs qui centralisent les dossiers et négocient collectivement avec les banques et les assureurs, ce qui donne davantage de poids à la demande même si les délais de traitement restent longs et le résultat jamais garanti.
Que faire en cas de refus de remboursement ?
Si votre demande est rejetée, vous pouvez saisir le médiateur de l'assurance, par voie électronique ou par courrier à l'adresse Médiation de l'assurance, TSA 50 110, 75441 Paris Cedex 09, ainsi que la DGCCRF, en joignant une copie de votre demande initiale et de la réponse négative reçue.
Compte tenu des faibles chances de succès d'une réclamation, notamment pour les cas liés à la participation aux bénéfices, il peut être plus rentable de se concentrer sur une économie immédiate plutôt que sur un remboursement hypothétique. Depuis le 1ᵉʳ juin 2022, la loi Lemoine permet de changer d'assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni justification, à condition que le nouveau contrat propose des garanties au moins équivalentes à celles exigées par votre banque.
Concrètement, il suffit de comparer les offres, de choisir un nouveau contrat, puis d'envoyer à votre banque la demande de résiliation accompagnée des conditions générales du nouveau contrat : elle doit alors valider l'équivalence des garanties et vous répondre par écrit sous dix jours ouvrés. Cette piste ne remplace pas un remboursement, mais elle permet souvent de compenser largement l'absence de restitution grâce aux économies réalisées sur le reste de la durée du prêt.
Le cas particulier des remboursements collectifs des années 1990
Le sujet du remboursement de l'assurance emprunteur est souvent associé, dans l'esprit du public, à un dossier bien plus ancien et bien plus médiatisé : celui des pratiques tarifaires des compagnies d'assurance dans les années 1990.
À cette époque, les assureurs ont fait valoir qu'il leur était difficile d'évaluer précisément le risque réel présenté par chaque emprunteur, en particulier sur la garantie décès ou les risques aggravés de santé, et ont donc appliqué des primes majorées pour se couvrir contre cette incertitude. Or, en contrepartie de ces surprimes, la loi leur imposait déjà, via l'article L331-3 du Code des assurances, de reverser chaque année aux souscripteurs une partie des profits générés par le placement de ces sommes lorsque le contrat s'avérait excédentaire.
Dans les faits, cette redistribution n'a quasiment jamais profité aux emprunteurs : les compagnies d'assurance ont bien reversé une partie de ces bénéfices, mais essentiellement aux établissements bancaires, qui les ont conservés sans les transmettre aux assurés concernés. Cette pratique a donné lieu, dès 2007, à plusieurs actions en justice, dont celle menée par l'UFC-Que Choisir contre CNP Prévoyance et la Caisse d'Épargne, et a culminé en 2016 avec une action regroupant plus de 215 000 emprunteurs et plus de 50 000 courriers de mise en demeure adressés à une trentaine de banques françaises.
La cour d'appel a fini par trancher : le droit à la participation aux bénéfices existe bien sur le principe, mais il s'exerce de façon mutualisée au niveau du portefeuille de l'assureur, et non individuellement contrat par contrat, une position confirmée par le ministère de l'Économie et des Finances dans une réponse publiée au Journal officiel du 4 juin 2019. En conséquence, un emprunteur ne peut pas réclamer personnellement sa quote-part de ces bénéfices, même si son assurance n'a jamais été mobilisée pendant toute la durée du prêt.
Ce dossier concerne avant tout des prêts immobiliers souscrits entre 1996 et 2005 environ, période à laquelle ces pratiques de surprimes étaient les plus répandues : pour les emprunts plus récents, ce sont surtout les trois cas détaillés plus haut, remboursement anticipé, prélèvements indus ou réserves techniques excessives, qui restent les voies de recours les plus pertinentes.
FAQ - Questions fréquentes sur le remboursement de l'assurance emprunteur
Comment savoir si je peux prétendre à un remboursement de mon assurance emprunteur ?
Tout dépend de votre situation au moment où le prêt s'est terminé. Si vous avez réglé toutes vos mensualités jusqu'au terme initial du crédit sans incident, il n'y a en principe rien à récupérer puisque vous avez bénéficié de la couverture pour toute la durée payée. En revanche, si vous avez remboursé votre crédit par anticipation, si des cotisations ont continué à être prélevées après la fin effective du prêt, ou si vous estimez que l'assureur a constitué des réserves disproportionnées par rapport aux sinistres réellement survenus, vous pouvez engager une démarche. Le plus simple reste de relire votre contrat et vos relevés de prélèvement, puis de contacter directement votre assureur ou votre banque pour clarifier votre situation avant d'envoyer une demande formelle.
Le remboursement est-il automatique à la fin du prêt ?
Non, et c'est sans doute la confusion la plus fréquente sur ce sujet. Lorsque le prêt arrive à son terme normal, l'assurance emprunteur cesse simplement de produire ses effets en même temps que le crédit, sans qu'aucune somme ne soit reversée, car les cotisations versées correspondaient bien à une protection effective pendant toute la durée du contrat. Un remboursement ne devient envisageable que dans des cas particuliers, notamment lorsque le prêt a été soldé avant son terme prévu ou lorsque des prélèvements ont été maintenus à tort après la fin du crédit. Quoi qu’il en soit, il faut en faire la demande activement : aucun assureur ne déclenche un remboursement de sa propre initiative.
Quel délai ai-je pour réclamer un remboursement ?
Le délai applicable dépend du motif de votre demande. Si vous réclamez la restitution de cotisations prélevées par erreur après la fin de votre crédit, vous disposez du délai de droit commun, soit cinq ans à compter de la fin du prêt ou de la résiliation du contrat, pour faire valoir vos droits. Si votre demande porte sur la participation aux bénéfices au titre de l'article L331-3 du Code des assurances, le délai habituellement retenu est plus court, de deux ans après la fin du crédit ou un rachat de prêt. Dans tous les cas, mieux vaut agir rapidement après la fin de votre prêt, en conservant soigneusement tous les justificatifs utiles, plutôt que d'attendre la limite du délai légal.
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