La crise ukrainienne risque d’avoir des répercussions sur le marché immobilier en France

couple dans un nouvel appartement

Le secteur immobilier français s’est démarqué avec une dynamique exceptionnelle pendant la crise sanitaire. Perçu comme une valeur refuge, l’immobilier a attiré nombre d’investisseurs. Aujourd’hui, il est difficile de savoir s’il peut maintenir cette résilience face à la guerre en Ukraine. Celle-ci risque en effet d’impacter le pouvoir d’achat des Français tout en soulevant leurs inquiétudes quant à l’avenir.

L’immobilier français peut-il résister à la crise ukrainienne ? C’est la question que se posent les professionnels du secteur en ce moment. Si l’impact reste moindre pour l’instant, il faut tout de même se préparer à des changements dans ce domaine. Entre autres, deux éléments sont à surveiller avec attention d’après des spécialistes. Le premier concerne le taux d’intérêt immobilier, sachant que la Banque centrale européenne a déjà indiqué vouloir réviser sa politique. Aussi, une augmentation risque de se faire sentir quant aux prix pratiqués sur le marché immobilier. Cette hausse toucherait alors autant les locataires que les acheteurs de biens.

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Le taux d’intérêt immobilier en hausse ces derniers mois

Le crédit immobilier constitue un catalyseur pour le marché immobilier en France. Il est utilisé autant pour un investissement locatif que pour l’achat d’une résidence principale. Une augmentation du taux d’intérêt aurait ainsi des impacts sur le secteur foncier, affichant aujourd’hui une tendance à la hausse. Cette croissance serait la conséquence de la flambée du prix de l’énergie et les tensions provoquées par la pandémie.

La Banque centrale européenne (BCE) a déjà fait part de sa volonté de sortir des rachats systématiques d’actifs. Elle souhaite également augmenter progressivement les taux directeurs jusqu’à fin 2022. L’annonce a été faite avant que le conflit russo-ukrainien prenne de l’ampleur, la mesure devant être effective à l’automne. Néanmoins, ces décisions semblent avoir changé suite à la guerre. Le 10 mars 2022, la BCE a en effet indiqué vouloir maintenir les taux directeurs. Elle garde pourtant son projet de cesser les rachats d’actifs pour faire face à l’inflation.

Senior-advisor de l’IEIF, Pierre Schoeffer souligne que le taux d’intérêt devrait évoluer moins rapidement que prévu à court terme. Les variations sur le long terme seraient cependant difficiles à prévoir. En dépit de la hausse appliquée par les banques ces derniers mois, le rendement des OAT serait en baisse. Ce recul serait dû au contexte géopolitique.

Aussi, si la guerre épargne le taux immobilier, la situation est inversée pour le pouvoir d’achat. Celui-ci avait déjà baissé avant cette crise, mais cela risque de s’intensifier si aucune issue n’est trouvée.

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Des acheteurs de plus en plus inquiets

Une diminution de la capacité d’achat amènera pourtant les consommateurs à mettre de côté leurs projets immobiliers. De plus, cette baisse peut également toucher les ménages aisés, même ceux profitant d’économies réalisées avec la pandémie. Les Français qui ont un placement en bourse pourraient, eux, subir l’effondrement du marché.

Les professionnels soulignent que la crise ukrainienne risque d’affecter le marché immobilier à l’achat autant que les investissements locatifs. Les bailleurs pourraient avoir à faire face à une régression de la solvabilité tant pour eux-mêmes que pour les locataires. Pierre Schoeffer craint d’ailleurs l’apparition d’une stagflation. Elle se traduira par une augmentation des loyers portés par un système d’indexation à la hausse. Il sera toutefois difficile d’appliquer l’augmentation des prix face à des locataires qui voient leurs revenus baisser.

Aujourd’hui, les agences immobilières constatent déjà un ralentissement de l’activité. Par exemple, certains clients annulent leurs visites pendant que d’autres abandonnent l’idée d’aller jusqu’à la promesse de vente. Dans d’autres cas, les acheteurs hésitent à patienter pour profiter d’une éventuelle chute du prix à l’avenir. Ils seraient en effet tentés de passer rapidement à l’acquisition tout en craignant que le taux d’emprunt augmente.

Le segment du luxe, lui, serait préservé pour l’instant. Malgré tout, ce marché risque de ne pas s’échapper aux conséquences de la guerre en Ukraine.


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