Voilà une nouvelle qui redonnera certainement le sourire à des emprunteurs ayant souffert du taux d’usure jusqu’à fin septembre 2022. À 2,57 % jusque-là, ce seuil de référence a été rehaussé de 48 points de base au 1er octobre 2022. Les banques pourront de ce fait soutenir certains projets infinançables auparavant. Au début de ce mois-ci, la Banque de France (BdF) a revu à la hausse le taux d’usure. Les demandeurs d’emprunt et les courtiers peuvent ainsi enfin souffler. Cet indicateur désigne le TAEG ou taux annuel effectif global, plafond auquel les établissements bancaires ont la possibilité d’accorder du prêt. Il s’établit désormais à 3,05 % concernant les crédits d’au moins 20 ans, assurance emprunteur comprise. Son relèvement bénéficie aux organismes bancaires, qui seront capables de redresser leurs barèmes. Ces entreprises pourront en conséquence approuver des requêtes qui auraient été rejetées auparavant. Un courtier a présenté quelques exemples de ménages profitant de cette embellie à l’issue d’une simulation. Des dossiers sont redevenus finançables La société de courtage a imaginé la situation d’un couple de cadres de 45 et 43 ans, avec : Un prêt automobile de 300 euros mensuels ; Deux enfants à charge. Le foyer gagne 6 150 euros par mois. Il désire acheter une maison valorisée à 400 000 euros. Les acheteurs doivent additionner à ce budget les frais de notaire de 29 400 euros. Les frais annexes, frais de courtage non inclus, ont été estimés à 4 738 euros. Pour sa part, l’apport personnel atteint 40 000 euros. Le crédit immobilier dure 25 ans, avec un taux moyen de 2,24 %. Le ménage détient une assurance emprunteur comportant les garanties : Invalidité permanente et partielle (IPP) et Invalidité permanente et totale (IPT) à hauteur de 100 % ; Incapacité temporaire de travail (ITT) de 90 jours ; Décès (DC) ou Perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA). Leur endettement après concrétisation de leur achat immobilier est évalué à 35 %. Soit le plafond accepté par le ministère de l’Économie. Ce dossier aurait été bloqué aujourd’hui si la BdF avait gardé l’ancien seuil de l’usure. À 3,02 %, le TAEG dépasse effectivement les 2,57 % autorisés avant le 1er octobre 2022 dernier. Les taux de prêt ont fortement flambé ces derniers mois L’on donnera ici un autre cas redevenu éligible à un financement depuis l’augmentation du taux d’usure. L’exemple concerne un couple de primo-accédants de 35 ans et de 34 ans. Empochant 4 200 euros par mois, il est dépourvu de prêt en cours et vit avec zéro enfant à charge. Le foyer aimerait s’offrir un appartement dont la valeur s’élève à 280 000 euros. Les frais de notaires ont été calculés à 21 160 euros. Quant aux frais annexes, ils ont été estimés à 3 824 euros sans les frais de courtage. L’apport personnel s’établit de son côté à 24 630 euros. Le prêt est toujours signé pour 25 ans, avec un taux de 2,24 % en moyenne. L’assurance emprunteur du foyer couvre : L’IPP et l’IPT à hauteur de 100 %, L’ITT de 90 jours ; Le DC/PTIA. L’endettement après projet du couple est évalué à 30 %. Il est donc inférieur au plafond permis par le ministère de l’Économie. Le TAEG se situe en revanche au-dessus de l’ancien taux d’usure, à 2,80 %. Les banques auraient ainsi refusé ce dossier s’il avait été soumis avant ce mois-ci. Les taux d’emprunt ont augmenté plus rapidement que le seuil de l’usure ces derniers mois. La marge de manœuvre des banques s’est alors rétrécie, les obligeant à rejeter des dossiers de ménages pourtant solvables.