Écrit par La rédaction Meilleurtaux .
Mis à jour le
29 mars 2026 .
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- Publié le par la Rédaction Meilleurtaux
Les taux de prêt immobilier, repartis légèrement à la hausse, progressent de 5 à 15 points de base selon les durées et les banques. Les courtiers évoquent une remontée graduelle, dans un contexte de tensions géopolitiques et d’inflation plus dynamique.
- Les courtiers constatent une hausse des barèmes de 5 à 15 points de base selon la durée et la banque.
- Laurent Bortoli évoque des ajustements en avril et une normalisation à 3,3% en 2026 puis 3,4% en 2027 (après 3,1% fin 2025).
- Les banques cherchent à éviter un passage durable au-dessus de 3,5% en moyenne sur 20 ans.
- Les taux moyens indiqués (hors assurance) vont de 3,20% sur 15 ans à 3,50% sur 25 ans selon les courtiers.
- La prudence des ménages, dans un contexte géopolitique et énergétique tendu, pourrait peser sur les projets immobiliers.
Après plusieurs semaines de frémissement, le mouvement se précise : les barèmes de crédit immobilier remontent légèrement. D’après Meilleurtaux, l’augmentation observée varie « entre 5 à 15 points de base », selon la durée et l’établissement, sur fond de tensions géopolitiques et d’accélération de l’inflation.
Ce que les banques ajustent en avril
Cette trajectoire rejoint les propos tenus par Laurent Bortoli, directeur crédits de la Banque Postale, lors d’une conférence de presse sur l’épargne et le crédit. « Ce qu'on peut imaginer sur le mois d'avril, c'est qu'il y ait des ajustements de taux entre 5 et 15 centimes », a-t-il indiqué, selon Les Echos.
Chez Vousfinancer, la porte-parole Sandrine Allonier évoque aussi des relèvements à très court terme : « une banque nationale vient de nous informer qu'elle allait probablement remonter ses taux d'ici à 15 jours en raison du conflit et quatre établissements financiers régionaux ont déjà annoncé une hausse de 10 points de base pour avril ».
Trajectoire évoquée : 3,3% en 2026, 3,4% en 2027
Selon Laurent Bortoli, les taux de crédit à l’habitat (toutes durées confondues) remonteraient légèrement pour se « normaliser » à 3,3% en 2026 puis 3,4% en 2027, après un point bas attendu fin 2025 à 3,1%.
Si le coût du crédit devait progresser, une envolée liée à « une flambée des taux en raison de la guerre en Iran » et au regain d’inflation mentionné par l’Insee cette semaine n’est pas le scénario privilégié. À court terme, Laurent Bortoli anticipe « une hausse modérée des taux ». Cette dynamique pourrait durer si le conflit s’installe et si les prix accélèrent.
Pourquoi la hausse resterait contenue
Pour Guillaume Fourt, responsable des partenariats bancaires chez Meilleurtaux, deux éléments limitent l’ampleur du mouvement. D’abord, « le signal positif de la Banque Centrale Européenne (BCE) » : en maintenant ses taux le 19 mars, l’institution a renforcé la visibilité des banques. Ensuite, « une volonté farouche des banques de ne pas casser la dynamique du marché immobilier » au moment du Printemps de l’immobilier, période jugée clé, le crédit servant aussi à attirer de nouveaux clients.
Repères de taux moyens constatés
Les taux moyens dans les banques
- Sur 15 ans : 3,20%.
- Sur 20 ans : 3,35%.
- Sur 25 ans : 3,45%.
Taux moyens constatés par les réseaux de courtage, sur la base des barèmes fournis par les banques. Ils ne tiennent pas compte du coût de l'assurance emprunteur.
Le seuil des 3,5% et la contrainte du taux d’usure
Guillaume Fourt souligne qu’« Aucun établissement ne souhaite en effet passer la frontière psychologique des 3,5% en moyenne sur 20 ans », au risque de freiner des projets. Il ajoute qu’une hausse trop rapide pourrait créer des tensions avec le taux d’usure (le maximum légal), ce qui réduirait les marges de manœuvre sur les crédits de fin d’année. Les banques pourraient donc accepter de rogner leurs marges pour éviter un blocage du marché.
Marges sous pression, offres ciblées et prudence des ménages
La Banque Postale indique que l’effort dure depuis plusieurs mois : « La marge brute moyenne des banques françaises sur le crédit à l'habitat est retournée en territoire négatif depuis le 3ème trimestre 2024 », selon son analyse publiée cette semaine.
Par ailleurs, certains établissements mettent en avant des prêts bonifiés, notamment pour les primo-accédants et les jeunes. La Caisse d’Épargne propose ainsi un Prêt Primo Jeune jusqu'à 20 000 euros à 0%, avec une gratuité des frais de dossier. Le Crédit Coopératif dispose aussi d’un PTZ Jeunes réservé aux moins de 35 ans.
Reste un risque de ralentissement lié non aux banques, mais aux ménages. « Beaucoup de Français pourraient, face au contexte géopolitique et à la hausse des coûts de l'énergie – qui a des conséquences réelles sur les budgets de certains candidats emprunteurs – préférer reporter leurs projets immobiliers plutôt que de s'engager dans une période d'incertitude - », anticipe Guillaume Fourt.
Jeudi matin, l’Insee a par ailleurs signalé un repli « légèrement » de la confiance des ménages en mars, un contexte qui pousse à privilégier l’épargne et à limiter les grosses dépenses.