Écrit par La rédaction Meilleurtaux .
Mis à jour le
26 mars 2026 .
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3 min
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- Publié le par la Rédaction Meilleurtaux
Une note de la Banque de France, publiée le 23 mars, rappelle qu’un assouplissement du crédit ne règle pas, à lui seul, l’accès à la propriété. Quand l’offre de logements reste insuffisante, l’effet peut surtout se voir sur les prix.
- La Banque de France (analyse du 23 mars) met en garde : faciliter le crédit peut surtout pousser les prix si l’offre reste limitée.
- Entre 2017 et 2022, avec des taux autour de 1,3%, les prix des logements ont grimpé de plus de 22%.
- Les primo-accédants peuvent être pénalisés par la hausse des prix et des besoins d’apport.
- La part de propriétaires de leur résidence principale est restée autour de 58% malgré l’essor du crédit.
- Sans mesures côté offre, l’assouplissement du crédit peut bénéficier davantage aux propriétaires déjà installés.
Réduire les taux, prolonger la durée des prêts ou desserrer les critères d’octroi : ces pistes reviennent souvent dans le débat sur l’accession à la propriété. Pourtant, la Banque de France souligne que ces mesures peuvent produire un effet pervers si elles ne s’accompagnent pas d’un surcroît d’offre de logements.
Que se passe-t-il quand l’offre ne suit pas ?
Dans une analyse publiée le 23 mars, l’institution explique que rendre le crédit plus facile d’accès tend à stimuler la demande. Mais si le parc disponible n’augmente pas suffisamment, l’ajustement se fait principalement par une hausse des prix, plutôt que par une progression de l’accession à la propriété.
Les auteurs résument ce mécanisme ainsi : « La demande supplémentaire [...] présente le risque de se traduire par une augmentation des prix immobiliers, sans effet notable sur l'accession à la propriété ». Marie-Laure Barut-Etherington et Jean-Pierre Villetelle, signent cette étude pour la Banque de France.
2017-2022 : crédit en hausse, prix en forte progression
La période 2017-2022 sert d’illustration. Avec des taux très bas, autour de 1,3% en moyenne en France, et des règles d’emprunt plus souples, le crédit immobilier a nettement accéléré. Sur le même intervalle, les prix des logements ont augmenté de plus de 22%.
Conséquence mise en avant par la Banque de France : malgré des conditions de financement très favorables, le pouvoir d’achat immobilier des ménages ne s’est pas réellement amélioré. En comparaison, les taux se situent à environ 3,28% sur 20 ans en mars 2026.
Pourquoi les primo-accédants ne sont pas les principaux gagnants
Selon l’analyse, la hausse des prix complique particulièrement l’entrée sur le marché : elle accroît le besoin d’apport personnel et peut écarter les ménages les plus fragiles. À l’inverse, les ménages déjà propriétaires disposent d’un levier supplémentaire : la revente avec éventuelle plus-value, qui facilite un nouvel achat.
À l’échelle globale, la Banque de France observe que la part de propriétaires de leur résidence principale est restée stable autour de 58% ces dernières années, malgré l’essor du crédit.
Un exemple britannique… et une spécificité française
Les travaux cités par la Banque de France aboutissent à un constat similaire au Royaume-Uni : l’extension de l’offre de crédit a surtout alimenté la hausse des prix et dynamisé les transactions entre propriétaires, sans impact marqué sur le taux d’accession.
En France, le phénomène serait même accentué par une offre jugée « inélastique » : même si la demande augmente, le nombre de biens disponibles ne progresse pas au même rythme. Dans ce cadre, un simple soutien au crédit peut principalement nourrir l’inflation immobilière.
Le message final : le crédit ne peut pas tout
Conclusion de la Banque de France : agir uniquement sur les conditions d’emprunt ne suffit pas. Sans actions sur l’offre (construction, foncier, fluidité du marché), les dispositifs de soutien risquent de profiter d’abord aux propriétaires en place et de rendre l’accès plus difficile pour les nouveaux acheteurs.