Écrit par La rédaction Meilleurtaux .
Mis à jour le
2 avril 2026 .
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3 min
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- Publié le par la Rédaction Meilleurtaux
Après une période plus calme, les barèmes de crédit repartent doucement à la hausse. Cette remontée, liée notamment à l’OAT à 10 ans, ravive une crainte : que les taux d’usure du 2e trimestre 2026 ne suivent pas, au risque de bloquer certains dossiers.
- En avril, certaines banques ont remonté leurs barèmes de 0,10 à 0,30 point, sur fond d’OAT à 10 ans au-delà de 3,8%.
- Vousfinancer vise environ 3,25% (15 ans), 3,45% (20 ans) et 3,65% (25 ans) en taux moyens.
- Au 2e trimestre 2026, les taux d’usure baissent sous 20 ans et progressent peu sur les longues durées.
- Un « effet ciseau » est redouté si les taux montent plus vite que les plafonds légaux.
- Certains acteurs demandent une révision mensuelle des taux d’usure, comme en 2023.
Le mouvement reste limité, mais il est déjà visible. En avril, plusieurs banques ont remonté leurs grilles de 0,10 à 0,30 point, dans le sillage de la remontée de l'OAT à 10 ans, qui dépasse désormais les 3,8%. Si les tensions géopolitiques et l’inflation persistent, cette tendance pourrait se prolonger.
Où se situent les taux de crédit en ce moment ?
Dans ce contexte, le courtier Vousfinancer anticipe des niveaux moyens autour de 3,25% sur 15 ans, 3,45% sur 20 ans et 3,65% sur 25 ans. Ces ordres de grandeur se rapprochent de ceux relevés chez d’autres acteurs du courtage, dont Meilleurtaux.
Taux d’usure : un plafond légal qui peut bloquer
Au-delà de l’évolution des barèmes, l’attention se porte sur les taux d’usure. Fixés chaque trimestre par la Banque de France, ils interdisent l’octroi d’un prêt lorsque le TAEG dépasse un seuil réglementaire.
2e trimestre 2026 : des seuils qui montent peu sur les longues durées
Pour le deuxième trimestre 2026, l’ajustement est inégal : les plafonds baissent pour les emprunts de moins de 20 ans. En revanche, ils ne progressent que très faiblement sur les durées plus longues, pourtant les plus courantes.
Pourquoi un décalage peut apparaître
La difficulté tient à la méthode de calcul : les taux d'usure sont calculés à partir des conditions pratiquées au cours des trois mois précédents. Quand les taux repartent à la hausse, le plafond peut donc rester en retrait par rapport aux nouvelles offres bancaires.
Le risque évoqué par les courtiers : l’« effet ciseau »
Les intermédiaires redoutent un scénario où des taux de crédit plus élevés se heurtent à des seuils d’usure insuffisamment relevés. Dans ce cas, un dossier pourrait être écarté non pour des raisons de solvabilité, mais parce que le coût total du crédit dépasse la limite légale.
Vousfinancer illustre ce mécanisme avec un cas précis : pour 200 000 euros sur 20 ans, à 3,5%, le TAEG reste inférieur au seuil d'usure fixé à 5,19%. Mais si le taux grimpe à 4%, le TAEG franchit ce plafond, rendant le financement impossible dans ce cadre.
Un marché encore en reprise, mais surveillé
À ce stade, les professionnels ne parlent pas de blocage généralisé. Toutefois, plusieurs éléments plaident pour la prudence : hausse des taux souverains, risque de regain d’inflation et ajustements progressifs des barèmes.
Dans ce contexte, certains acteurs plaident déjà pour un retour à une révision mensuelle des taux d'usure, comme en 2023 (mesure temporaire). Objectif : limiter un nouvel écart entre la réglementation et les conditions réelles de financement, comme lors de 2022 et début 2023, période où des refus avaient dépassé 40% sur certains dossiers pourtant solides.
Enfin, les banques restent pour l’instant dans une logique de conquête commerciale, notamment au printemps. Mais si la hausse des taux se confirme, l’équilibre pourrait devenir plus délicat à maintenir.