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Louer sa résidence principale pour en acheter une autre

Écrit par VIDY Enzo . Mis à jour le 11 août 2026 .
Temps de lecture : 19 min

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Peut-on conserver sa résidence principale pour la mettre en location tout en achetant un nouveau logement ? Cette stratégie est de plus en plus envisagée par les propriétaires qui souhaitent développer leur patrimoine sans vendre leur premier bien.

Toutefois, elle soulève de nombreuses questions : la banque acceptera-t-elle de financer un second achat ? Comment les futurs loyers sont-ils pris en compte ? Quelles sont les conséquences fiscales et les précautions à prendre avant de louer ?

Avec Meilleurtaux, découvrez les conditions pour louer votre résidence principale avec un crédit immobilier en cours, les solutions de financement envisageables, les règles à respecter avant de mettre votre logement en location ainsi que les impacts fiscaux, les risques à anticiper et les démarches à effectuer pour mener à bien votre projet.

L'essentiel à retenir

  • Un crédit immobilier en cours n'empêche pas de louer votre résidence principale, sauf si votre offre de prêt ou un prêt réglementé (PTZ, PAS...) prévoit des restrictions.
  • Les futurs loyers peuvent améliorer votre capacité d'emprunt, mais les banques n'en retiennent généralement qu'une partie et vérifient le respect du taux d'endettement, du reste à vivre et de la solidité globale de votre dossier.
  • Avant de louer, vérifiez que votre logement est conforme à la réglementation (DPE, décence, diagnostics, encadrement des loyers, règlement de copropriété) et choisissez le régime fiscal le plus adapté à votre situation.
  • Conserver votre ancien logement peut constituer un levier patrimonial intéressant, mais il convient d'anticiper les risques (vacance locative, impayés, fiscalité à la revente) et de sécuriser votre projet avec une épargne de précaution ou des garanties adaptées.
Quel taux pour votre projet ?

Est-il possible de louer sa résidence principale avec un crédit en cours ?

Ce que dit votre offre de prêt

En principe, le fait d'avoir un crédit immobilier en cours ne vous empêche pas de louer votre résidence principale. En tant que propriétaire, vous conservez le droit de disposer librement de votre bien, notamment de le mettre en location, sous réserve de respecter les obligations liées à votre prêt.

Toutefois, cette liberté peut être limitée par les clauses de votre contrat de crédit ou par les conditions applicables à certains prêts aidés, qui imposent parfois d'occuper le logement à titre de résidence principale pendant une durée déterminée. Avant toute mise en location, il est donc recommandé de vérifier les conditions prévues dans votre offre de prêt.

Les prêts qui encadrent ou interdisent la location

Les prêts réglementés, comme le prêt à taux zéro (PTZ) ou le prêt d'accession sociale (PAS), ont pour objectif de favoriser l'accession à la propriété des ménages sous conditions de ressources.

Destinés à financer une résidence principale, ils imposent en principe d'occuper le logement et encadrent sa mise en location pendant les six premières années suivant le déblocage du prêt.

Une mise en location anticipée reste toutefois possible dans certains cas prévus par la réglementation, notamment en cas de mobilité professionnelle, de divorce, de chômage de longue durée, d'invalidité ou de décès de l'emprunteur, sous réserve de respecter les conditions applicables.

Bon à savoir

Faut-il prévenir sa banque, son assureur emprunteur et son assureur habitation ?

Si vous envisagez de louer votre résidence principale, il est recommandé d'informer les différents organismes concernés afin d'éviter toute difficulté en cas de sinistre ou de non-respect des conditions contractuelles.

  • La banque : si votre prêt est un prêt réglementé (PTZ, PAS, etc.) ou si votre contrat prévoit une clause d'occupation en résidence principale, il est préférable de vérifier que la mise en location est autorisée et, le cas échéant, d'obtenir son accord.
  • L'assureur emprunteur : le changement d'occupation du logement n'a généralement pas d'incidence sur les garanties souscrites, mais il est conseillé de signaler toute évolution de la situation lorsque le contrat le prévoit.
  • L'assureur habitation : en cas de mise en location, votre contrat d'assurance doit être adapté à la nouvelle situation. Les garanties nécessaires diffèrent selon que le logement est loué vide, meublé ou occupé par le propriétaire.
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Comment la banque calcule-t-elle votre capacité d'emprunt avec les futurs loyers ?

La pondération des loyers

Les banques ne retiennent généralement qu'une fraction des loyers futurs, souvent comprise entre 70% et 80% du montant prévisionnel. Cette décote permet d'anticiper les périodes de vacance locative, les impayés, les charges ou les frais d'entretien susceptibles de réduire les revenus effectivement perçus. Le taux de pondération varie toutefois selon les établissements et le profil de l'emprunteur.

Le taux d'endettement de 35% et les recommandations du HCSF

Même en présence de revenus locatifs, la banque vérifie que votre taux d'endettement reste compatible avec les recommandations du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF). Depuis 2022, les établissements de crédit doivent respecter un taux d'effort maximal de 35% assurance comprise, et une durée de prêt n'excédant généralement pas 25 ans.

Ils disposent toutefois d'une marge de flexibilité leur permettant de déroger à ces critères pour jusqu'à 20% de leur production trimestrielle de crédits, principalement en faveur des acquéreurs de leur résidence principale et, dans une moindre mesure, des investisseurs locatifs.

Le reste à vivre et le saut de charge

Au-delà du taux d'endettement, la banque analyse également votre reste à vivre, c'est-à-dire la somme dont votre foyer dispose chaque mois après le paiement des charges et des crédits. Elle évalue également le saut de charge, qui correspond à l'écart entre votre dépense de logement actuelle (loyer ou mensualité) et celle que vous supporterez après l'opération.

Un saut de charge trop important peut fragiliser votre dossier, même si votre taux d'endettement reste inférieur à 35%.

Comment justifier le montant du futur loyer ?

Lorsque le logement n'est pas encore loué, la banque vous demandera généralement de justifier le loyer prévisionnel. Elle peut s'appuyer sur une estimation réalisée par une agence immobilière, une étude locative, des annonces de biens comparables ou encore un avis de valeur.

Plus l'estimation est objective et documentée, plus il sera facile pour la banque de prendre en compte ces futurs revenus dans le calcul de votre capacité d'emprunt.

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Louer ou vendre sa résidence principale, que choisir ?

Le choix entre louer ou vendre votre résidence principale dépend de votre situation financière, de votre projet immobilier et de vos objectifs patrimoniaux. Si la location permet de conserver un patrimoine et de percevoir des revenus réguliers, la vente offre davantage de liquidités pour financer un nouvel achat et réduit les contraintes de gestion.

Le tableau ci-dessous compare les principales conséquences de chaque option.

Critère Louer votre résidence principale Vendre votre résidence principale
Apport disponible Apport limité, sauf si vous disposez d'une épargne. Le bien reste immobilisé dans votre patrimoine. Apport plus important grâce au produit de la vente, pouvant faciliter le financement du nouveau projet.
Impact sur l'endettement Le crédit en cours est conservé, mais les loyers peuvent être partiellement pris en compte par la banque pour calculer votre capacité d'emprunt. Le remboursement du crédit immobilier permet généralement de réduire votre endettement et de simplifier le financement d'un nouvel achat.
Fiscalité de la plus-value Si vous mettez le logement en location avant sa vente, il ne constitue plus votre résidence principale au jour de la cession et cette exonération peut ne plus s'appliquer, sauf dans certains cas particuliers prévus par l'administration fiscale. La vente de la résidence principale bénéficie, sous conditions, d'une exonération de la plus-value immobilière.
Revenus générés Perception de loyers permettant de compléter vos revenus et de participer au remboursement du crédit. Aucun revenu locatif, mais un capital immédiatement disponible.
Charge de gestion Gestion du bien, recherche de locataires, entretien, travaux et obligations du bailleur. Aucune gestion locative après la vente.
Délai de l'opération Mise en location généralement plus rapide qu'une vente, sous réserve de trouver un locataire. Le délai dépend du marché immobilier, du temps de commercialisation et des formalités de vente.
Risque principal Vacance locative, impayés, travaux imprévus ou baisse des loyers. Vente à un prix inférieur aux attentes ou difficulté à retrouver un bien répondant à vos critères.
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Quel financement pour acheter sans vendre votre logement actuel ?

Le prêt amortissable classique

Le prêt amortissable classique est la solution de financement la plus courante pour acheter un nouveau logement sans vendre immédiatement votre résidence principale. Vous continuez à rembourser le crédit de votre premier bien tout en souscrivant un second emprunt pour financer la nouvelle acquisition.

Pour accorder ce financement, la banque analyse votre capacité d'emprunt en tenant compte de l'ensemble de vos charges, de vos revenus et, le cas échéant, des revenus locatifs si vous envisagez de louer votre résidence principale. Elle vérifie également le respect du taux d'effort maximal de 35%, conformément aux recommandations du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), tout en appréciant votre reste à vivre et la solidité globale de votre dossier.

Cette solution est particulièrement adaptée si vos revenus vous permettent de supporter temporairement deux crédits immobiliers, sans dépendre de la vente de votre logement actuel.

Le prêt relais

Le prêt relais permet de financer l'achat d'un nouveau logement avant la vente de votre résidence principale. Il s'agit d'un crédit de courte durée, généralement accordé pour 12 à 24 mois, qui est adossé à la valeur estimée du bien mis en vente. La banque avance une partie de cette valeur, le plus souvent entre 60% et 80%, afin de constituer un apport pour votre nouvelle acquisition.

Deux situations sont possibles. Si le nouveau logement coûte autant ou moins cher que celui mis en vente, un prêt relais sec peut suffire, sans crédit complémentaire. S'il est plus onéreux, le prêt relais est généralement complété par un prêt amortissable classique pour financer la différence.

Durant cette période, vous pouvez cumuler plusieurs échéances de crédit. Pour alléger cette charge, certaines banques proposent un prêt relais avec franchise totale, qui permet de ne rembourser que l'assurance emprunteur jusqu'à la vente du bien, le capital et les intérêts étant réglés ensuite.

Le prêt achat-revente

Le prêt achat-revente permet de financer l'acquisition d'un nouveau logement sans attendre la vente de votre résidence principale. Contrairement au prêt relais, la banque rachète le capital restant dû de votre crédit immobilier en cours et le regroupe avec le financement du nouveau bien au sein d'un seul prêt. Une avance de 70 à 80% de la valeur de votre bien est octroyée par la banque pour une durée de deux ans maximum.

Cette solution vous permet de n'avoir qu'une seule mensualité pendant la période de transition, ce qui facilite la gestion de votre budget. Une fois votre ancien logement vendu, le produit de la vente est utilisé pour rembourser une partie du capital emprunté, ce qui réduit le montant restant dû ou la durée du prêt.

Le lissage de prêt et le différé d'amortissement

Lorsque vous achetez un nouveau logement sans avoir vendu l'ancien, la banque peut proposer des solutions pour alléger temporairement vos mensualités. Le lissage de prêt consiste à ajuster les échéances des différents crédits afin de maintenir une mensualité globale plus stable pendant toute la durée du financement.

Le différé d'amortissement permet de reporter le remboursement du capital du nouveau prêt pendant une période déterminée. Selon la formule choisie, vous pouvez ne rembourser que les intérêts et l'assurance (différé partiel) ou, dans le cadre d'un différé total, ne régler que l'assurance emprunteur et les frais liés au crédit jusqu'au début du remboursement du prêt. Cette solution permet d'alléger temporairement vos charges en attendant la vente de votre résidence principale.

Le rachat de crédits

Le rachat de crédits consiste à regrouper plusieurs emprunts en un seul afin de réduire le montant de vos mensualités. Cette solution peut être envisagée lorsque vous souhaitez acheter un nouveau logement sans vendre immédiatement votre résidence principale et que le cumul des remboursements pèse sur votre budget.

En contrepartie de mensualités plus faibles, la durée de remboursement est généralement allongée, ce qui augmente le coût total du crédit.

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Votre logement est-il réellement louable ? Les conditions à vérifier

Le DPE et l'interdiction progressive de louer les passoires thermiques

Avant de mettre votre résidence principale en location, vérifiez son diagnostic de performance énergétique (DPE). Depuis la loi Climat et Résilience, les logements les plus énergivores font l'objet d'une interdiction progressive de mise en location afin de lutter contre les passoires thermiques.

Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE ne peuvent plus être proposés à la location en métropole. Cette interdiction sera étendue aux logements classés F à compter du 1er janvier 2028, puis aux logements classés E à partir du 1er janvier 2034.

Avant de louer votre bien, il est donc essentiel de vérifier son classement énergétique et, si nécessaire, d'envisager des travaux de rénovation afin de respecter les exigences de décence énergétique.

Les critères de décence et les diagnostics obligatoires

Avant de louer votre résidence principale, vous devez vous assurer que le logement respecte les critères de décence fixés par la réglementation. Il doit notamment offrir une surface minimale, garantir la sécurité et la santé des occupants, être exempt de risques manifestes et disposer des équipements indispensables à un usage d'habitation (chauffage, alimentation en eau potable, évacuation des eaux usées, installation électrique conforme, etc.).

En parallèle, plusieurs diagnostics techniques doivent être remis au locataire lors de la signature du bail.
Le dossier de diagnostic technique (DDT) comprend notamment le diagnostic de performance énergétique (DPE), le constat de risque d'exposition au plomb (CREP) pour les logements anciens, les diagnostics amiante, gaz et électricité lorsque leur réalisation est requise, ainsi que l'état des risques.

L'encadrement des loyers et la tension du marché locatif local

Avant de décider de louer votre résidence principale, il est indispensable d'analyser le marché locatif de la commune. Dans les villes soumises à l'encadrement des loyers, le propriétaire ne peut pas fixer librement le montant du loyer. Celui-ci est plafonné par un loyer de référence minoré et majoré.

Un complément de loyer n'est possible que si le bien présente des caractéristiques de confort ou de localisation exceptionnelles, qui ne sont pas déjà prises en compte dans le loyer de référence.

Au-delà de la réglementation, il est également important d'évaluer la tension du marché locatif. Un secteur où la demande est forte facilite généralement la recherche d'un locataire et limite le risque de vacance locative. À l'inverse, dans les zones où l'offre est abondante, le délai de location peut être plus long et le loyer plus difficile à optimiser.

Ce que peut interdire le règlement de copropriété

Avant de louer votre résidence principale, consultez le règlement de copropriété. Celui-ci détermine la destination de l'immeuble (habitation, usage mixte, commercial...) et peut encadrer certains usages des lots.

En principe, il ne peut pas interdire la location d'un logement destiné à l'habitation, mais il peut restreindre des activités incompatibles avec la destination de l'immeuble, comme la location meublée touristique ou certaines activités professionnelles.

Depuis le 19 novembre 2024, les règlements de copropriété établis pour les nouveaux immeubles doivent d'ailleurs préciser explicitement si les meublés de tourisme sont autorisés ou interdits.

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Location nue ou meublée : quel choix pour votre ancienne résidence principale ?

Durée du bail et récupération du logement

Le choix entre une location nue et une location meublée a des conséquences sur la durée du bail et les conditions dans lesquelles vous pourrez récupérer votre ancienne résidence principale.

En location nue, le bail est conclu pour une durée minimale de 3 ans lorsque le bailleur est un particulier, et 6 ans pour une personne morale.

En location meublée, cette durée est ramenée à 1 an, ou à 9 mois lorsqu'il s'agit d'un bail étudiant. À l'échéance du bail, le propriétaire peut donner congé pour reprendre le logement afin de l'habiter, d'y loger un proche ou de le vendre, à condition de respecter les motifs et les délais de préavis prévus par la loi. Le préavis est de 6 mois pour une location nue et de 3 mois pour une location meublée.

Le choix du type de location peut donc influencer la souplesse avec laquelle vous pourrez récupérer votre logement si votre situation personnelle évolue.

Micro-foncier ou régime réel en location nue

En cas de location nue, les loyers perçus sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers. Deux régimes d'imposition peuvent s'appliquer, selon le montant de vos revenus locatifs et votre situation.

  • Le régime micro-foncier est accessible si vos revenus fonciers bruts n'excèdent pas 15 000 € par an et que vous ne relevez pas d'un régime d'exclusion. Il ouvre droit à un abattement forfaitaire de 30%, sans possibilité de déduire les charges réelles (travaux, intérêts d'emprunt, taxe foncière, etc.).
  • Le régime réel est obligatoire au-delà de 15 000 € de revenus fonciers annuels, mais peut aussi être choisi sur option en dessous de ce seuil. Il permet de déduire les charges effectivement supportées, comme les intérêts d'emprunt, les dépenses de travaux, les frais de gestion ou encore la taxe foncière. Ce régime est souvent plus avantageux lorsque les charges sont importantes.

Micro-BIC ou LMNP au réel en location meublée

En location meublée, les loyers sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Si vous louez votre ancienne résidence principale sous le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP), vous relevez soit du régime micro-BIC, soit du régime réel.

  • Le régime micro-BIC s'applique de plein droit lorsque les recettes locatives annuelles ne dépassent pas 77 700 € (plafond applicable aux locations meublées classiques). Il permet de bénéficier d'un abattement forfaitaire de 50%, représentatif des charges, sans pouvoir déduire les dépenses réellement engagées.
  • Le régime réel est obligatoire au-delà de ce plafond, mais il peut également être choisi sur option. Il permet de déduire les charges effectivement supportées ainsi que l'amortissement du logement, du mobilier et de certains équipements, ce qui peut réduire, voire neutraliser, l'imposition des revenus locatifs pendant plusieurs années.

Le micro-BIC est généralement privilégié pour sa simplicité, tandis que le régime réel est souvent plus avantageux lorsque les charges et les amortissements sont élevés.

Nouveautés sur l'amortissement LMNP et son impact à la revente

Depuis la loi de finances pour 2025, le régime fiscal du LMNP au réel a évolué. Si vous pouvez toujours amortir votre logement et votre mobilier afin de réduire l'imposition de vos revenus locatifs, les amortissements déduits sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable lors de la revente du bien.

Cette réforme réduit l'avantage fiscal dont bénéficiaient auparavant les loueurs en meublé non professionnels, pour lesquels les amortissements n'avaient pas d'incidence sur le calcul de la plus-value.

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Les conséquences fiscales à anticiper avant de louer

La perte de l'exonération de plus-value sur la résidence principale

La vente d'une résidence principale bénéficie, en principe, d'une exonération totale d'impôt sur la plus-value. Pour en bénéficier, le logement doit toutefois constituer votre résidence principale au jour de la cession. Si vous décidez de le mettre en location avant de le vendre, il perd cette qualité et vous risquez de ne plus pouvoir bénéficier de cette exonération.

Il existe toutefois une exception importante : si vous avez quitté votre logement, mais qu'il est resté inoccupé jusqu'à sa vente et que celle-ci intervient dans un délai normal (en principe un an), l'administration fiscale admet le maintien de l'exonération. En revanche, cette tolérance ne s'applique pas lorsque le bien a été loué entre votre départ et sa vente.

Taxe foncière, prélèvements sociaux et CFE en meublé

Mettre votre ancienne résidence principale en location entraîne également des conséquences fiscales qu'il convient d'anticiper. En tant que propriétaire, vous restez redevable de la taxe foncière, même si le logement est loué. En revanche, certaines taxes, comme la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM), peuvent être récupérées auprès du locataire.

Les revenus locatifs sont également soumis aux prélèvements sociaux, en plus de l'impôt sur le revenu. En location meublée non professionnelle (LMNP), ils sont assujettis aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine, sauf lorsque l'activité relève du régime des cotisations sociales.

Enfin, la location meublée est, par principe, soumise à la cotisation foncière des entreprises (CFE), y compris lorsque l'activité est exercée sous le statut de LMNP. Des exonérations existent toutefois, notamment lorsque les recettes annuelles n'excèdent pas 5 000 € ou dans certaines situations prévues par la loi.

Cas pratiques : différents scénarios

Pour mieux comprendre l'impact des revenus locatifs sur votre capacité d'emprunt, voici l'exemple d'un même couple dans deux situations différentes. Dans le premier cas, le financement est refusé en raison d'un taux d'endettement trop élevé. Dans le second, un apport plus important permet de réduire la mensualité du nouveau prêt et d'améliorer les chances d'obtenir un financement.

  Cas A : financement refusé Cas B : financement accepté
Revenus nets du foyer 5 500 €/mois 5 500 €/mois
Crédit de la résidence principale 1 200 €/mois 1 200 €/mois
Loyer futur estimé 1 300 €/mois 1 300 €/mois
Loyer retenu par la banque (70%) 910 €/mois 910 €/mois
Revenus retenus 6 410 €/mois 6 410 €/mois
Nouveau prêt immobilier 1 150 €/mois 850 €/mois (grâce à un apport plus élevé)
Total des mensualités 2 350 € 2 050 €
Taux d'endettement 36,7% 32%
Décision de la banque Dossier refusé Dossier accepté

Détail du calcul :

Cas A – Refus

  • Revenus du foyer : 5 500 €
  • Futur loyer estimé : 1 300 €
  • 70% des loyers : 910 €
  • Revenus retenus : 6 410 €
  • Mensualités : 1 200 € + 1 150 € = 2 350 €
  • Taux d'endettement : 2 350 ÷ 6 410 x 100 = 36,7%

Le seuil de 35% étant dépassé, le dossier présente un risque plus élevé d'être refusé.

Cas B – Accord

Le couple apporte 60 000 € supplémentaires, ce qui réduit le montant du nouveau prêt et sa mensualité.

  • Revenus retenus : 6 410 €
  • Mensualités : 1 200 € + 850 € = 2 050 €
  • Taux d'endettement : 2 050 ÷ 6 410 x 100 = 32,0%
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Les étapes et les documents pour monter votre double dossier

Le calendrier, de l'estimation locative au déblocage des fonds

Pour maximiser vos chances d'obtenir un financement, il est recommandé d'anticiper chaque étape de votre projet. Un dossier bien préparé permet à la banque d'évaluer plus facilement votre capacité d'emprunt et la viabilité de la mise en location.

  • Faire estimer le loyer de votre résidence principale par une agence immobilière ou un professionnel afin de justifier les futurs revenus locatifs.
  • Déterminer votre capacité d'emprunt en intégrant votre crédit immobilier en cours, les loyers prévisionnels et votre éventuel apport personnel.
  • Rechercher le nouveau logement et signer un compromis ou une promesse de vente comportant les conditions suspensives habituelles.
  • Déposer votre demande de financement en fournissant l'ensemble des pièces justificatives demandées par la banque.
  • Obtenir l'offre de prêt, puis respecter le délai légal de réflexion de 10 jours avant de pouvoir l'accepter.
  • Signer l'acte authentique de vente chez le notaire. Les fonds sont ensuite débloqués par la banque à la date prévue pour financer l'acquisition du nouveau logement.

Ce calendrier peut varier selon la complexité du dossier, les délais d'instruction de la banque ou encore la date de mise en location de votre ancienne résidence principale.

La liste des pièces à réunir pour la banque

Afin d'étudier votre demande de financement, la banque vous demandera de constituer un dossier complet. Lorsque vous conservez votre résidence principale pour la mettre en location, des justificatifs supplémentaires sont généralement nécessaires afin d'évaluer les futurs revenus locatifs.

Les principaux documents à fournir sont les suivants :

  • Une pièce d'identité en cours de validité et un justificatif de domicile.
  • Les justificatifs de revenus : trois derniers bulletins de salaire, contrat de travail si nécessaire, dernier avis d'imposition et relevés de comptes bancaires des trois derniers mois.
  • Les documents relatifs au crédit immobilier en cours : tableau d'amortissement, offre de prêt et capital restant dû.
  • Les justificatifs du bien à acquérir : compromis ou promesse de vente, descriptif du bien et plan de financement.
  • Les justificatifs concernant le logement destiné à la location : titre de propriété, estimation locative réalisée par une agence ou un professionnel, dernier avis de taxe foncière et, si le bien est déjà loué, copie du bail et des dernières quittances de loyer.
  • Les justificatifs de votre apport personnel, le cas échéant (épargne, donation, produit d'une vente, etc.).

Les risques et points de vigilance

Conserver votre résidence principale pour la mettre en location peut constituer une stratégie patrimoniale intéressante, mais elle comporte également certains risques. Avant de vous engager, assurez-vous d'avoir anticipé les principales difficultés susceptibles d'affecter votre budget ou votre projet immobilier.

  • Vacance locative : une période sans locataire entraîne une absence de loyers alors que les échéances du crédit, les charges de copropriété et la taxe foncière continuent de courir. Constituer une épargne de précaution permet de faire face à cette situation.
  • Loyers impayés : un défaut de paiement du locataire peut fragiliser votre capacité à rembourser votre crédit immobilier. Vous pouvez limiter ce risque en souscrivant une garantie loyers impayés (GLI) ou, lorsque le locataire est éligible, en bénéficiant de la garantie Visale.
  • Double charge en cas de retard de location ou de vente : si votre ancienne résidence principale ne trouve pas rapidement preneur, vous devrez assumer simultanément les mensualités de votre ancien crédit, celles du nouveau prêt ainsi que les charges liées aux deux logements.
  • Dégradations du logement : malgré le dépôt de garantie, certains dommages peuvent rester à votre charge. Une sélection rigoureuse du locataire, un état des lieux précis et une assurance adaptée permettent de limiter ce risque.
  • Revente plus complexe avec un locataire en place : un logement occupé peut attirer moins d'acquéreurs, notamment lorsqu'il est destiné à une résidence principale. La vente peut donc être plus longue ou nécessiter une négociation sur le prix.
  • Une rentabilité parfois inférieure aux prévisions : travaux imprévus, hausse des charges, fiscalité ou baisse des loyers peuvent réduire le rendement attendu. Réaliser une simulation financière avant de louer permet de vérifier la viabilité du projet sur le long terme.
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Questions fréquentes

Que se passe-t-il si vous décidez de vendre votre ancienne résidence principale trois ans plus tard, alors qu'un locataire est en place ?

Si votre ancienne résidence principale est encore louée trois ans après votre déménagement, vous pouvez la vendre sans attendre la fin du bail. Le locataire reste dans les lieux et le bail est automatiquement transféré au nouveau propriétaire.

Un logement vendu occupé perd-il de la valeur par rapport à un logement vide ?

Oui, un logement vendu occupé peut se vendre moins cher qu'un logement libre, car il attire principalement des investisseurs et non des acquéreurs souhaitant y habiter. L'éventuelle décote dépend notamment de la durée restante du bail, du montant du loyer, du profil du locataire et des conditions du marché immobilier. Elle n'est toutefois pas systématique et concerne principalement les logements de grande taille.

Peut-on louer son ancienne résidence principale à un enfant ou à un parent tout en achetant ailleurs ?

Oui. Vous pouvez louer votre ancienne résidence principale à un membre de votre famille (enfant, parent, frère, sœur, etc.), à condition de respecter les règles applicables à toute location : bail écrit, loyer fixé dans des conditions normales de marché et déclaration des revenus locatifs. Certaines aides au logement ou dispositifs fiscaux, comme le Pinel, peuvent toutefois prévoir des conditions particulières.

Comment sécuriser le nouveau crédit en cas de vacance locative prolongée ?

Pour limiter les conséquences d'une vacance locative, il est recommandé de constituer une épargne de précaution permettant de couvrir plusieurs mensualités de crédit. Vous pouvez également souscrire une assurance loyers impayés (GLI) et vérifier que votre capacité de remboursement reste suffisante, même en l'absence temporaire de revenus locatifs.

Faut-il créer une SCI pour conserver son ancienne résidence principale en location ?

Non. La création d'une SCI (société civile immobilière) n'est pas nécessaire pour conserver votre ancienne résidence principale en location. Elle peut présenter un intérêt pour gérer un bien à plusieurs ou préparer sa transmission, mais elle entraîne également des formalités de gestion et des conséquences fiscales qu'il convient d'évaluer avant de faire ce choix.

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