Écrit par La rédaction Meilleurtaux .
Mis à jour le
16 décembre 2025 .
Temps de lecture :
3 min
- Détails
- Publié le par la Rédaction Meilleurtaux
L’exclusion progressive des logements énergivores, notés G, F et E par leur DPE, pourrait entrainer une contraction accélérée du parc locatif français au cours des prochaines années.
Une étude récente met en lumière l’impact de cette réglementation sur la disponibilité des biens et un risque majeur de fractures territoriales. Elle a également un effet paradoxal sur le niveau des loyers.
- Selon une récente étude, l’exclusion progressive des passoires thermiques du parc locatif risque d’aggraver la crise du secteur déjà handicapé par le manque d’offres.
- Contre toute attente, leur prochain retrait du marché entraine une hausse des loyers des biens classés E, F et G par leur DPE.
- Dans les zones tendues, les locataires n’hésitent pas à mettre les performances énergétiques de côté au profit de l’attractivité de la localisation.
Une menace pour un secteur à bout de souffle
Avec la crise du logement de ces dernières années, le secteur du locatif souffre d’un manque important de biens disponibles, surtout dans les zones tendues. Mais la situation pourrait s’aggraver au cours de la décennie à venir. Toute habitation qui est considérée comme passoire thermique ne pourra plus être proposée à la location.
Les logements classés G, soit 1,4 % du parc, sont actuellement déjà exclus. À partir de 2028, les F et les E constituent 4,2 % et 17,6 % de l’offre seront respectivement retirés du marché en 2028 et en 2034. L’application de ces dispositions va générer une baisse structurelle dans plusieurs localités.
ImportantL’étude prévoit la disparition potentielle d’une partie plus ou moins importante du parc locatif dans plusieurs régions : environ 30 % pour l’Île-de-France et la Normandie, près de 18 % pour les Pays de la Loire, la Bretagne et la Nouvelle-Aquitaine et 13 % en PACA et Occitanie.
Toutefois, les zones rurales et intermédiaires où les loyers sont plus accessibles et qui disposent d’un parc rénové pourront profiter de la situation et attirer les locataires. Certains spécialistes y voient une occasion de rééquilibrer des flux résidentiels trop concentrés autour de quelques métropoles.
La réglementation sur le DPE dépassée par l’insuffisance de l’offre
L’agenda réglementaire du DPE qui vise à éradiquer les logements mal isolés se heurte ainsi à la réalité d’un marché locatif sous-doté en biens neufs ou rénovés. La demande reste importante. De nombreux propriétaires bailleurs ne peuvent pas engager rapidement les travaux d'optimisation des performances énergétiques. Le coût élevé des opérations et celui de plus en plus cher de la mise aux normes freinent les projets.
Le gel des loyers pour les biens F et G en place depuis 2022 n’empêche pas les hausses. La forte demande continue de soutenir les prix des classes immédiatement supérieures, E et F. L’annonce de leur retrait obligatoire du marché semble même avoir l’effet contraire en ce qui concerne les tarifs. Les logements mal notés sur le DPE se louent plus cher que ceux dont les performances énergétiques sont élevées . Cette situation est surtout due au fait que ces biens très recherchés pour leur emplacement se trouvent dans des zones tendues, surtout dans les grandes métropoles.
Ça peut vous intéresser
- Marché immobilier : les prévisions 2026 de l’Observatoire BPCE pour le secteur du résidentiel
- La création du statut fiscal du bailleur privé a reçu le soutien du Sénat
- Immobilier et salaires : l'effet ciseau qui paralyse les métropoles
- La période juillet-septembre a confirmé la reprise du marché immobilier francilien