Écrit par La rédaction Meilleurtaux .
Mis à jour le
6 novembre 2025 .
Temps de lecture :
3 min
- Détails
- Publié le par la Rédaction Meilleurtaux
Face à un marché immobilier en perte de vitesse, l’Exécutif cherche à raviver l’intérêt des épargnants pour la pierre. Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, met ainsi sur la table un mécanisme fiscal appelé à prendre le relais du dispositif Pinel et à stimuler l’investissement résidentiel. Intégré au projet de loi de finances 2026, ce programme ambitionne de dynamiser la mise à disposition de logements durables et de favoriser la réhabilitation du patrimoine bâti.
- En proposant un dispositif d’amortissement fiscal et une incitation renforcée à la rénovation énergétique, le gouvernement amorce une nouvelle étape dans la relance de l’investissement locatif.
- Si le texte suscite déjà des réserves, il ouvre un débat essentiel sur l’équilibre entre incitation, régulation et responsabilité.
- Le succès de cette réforme dépendra de la capacité du pouvoir public à instaurer un climat de confiance durable entre les investisseurs et le marché, condition indispensable à la stabilité du logement en France.
Un marché en repli et un enjeu d’intérêt général
La défiance envers l’ investissement locatif s’est accentuée ces derniers mois, fragilisée par le ralentissement économique et les incertitudes politiques. Conscient du rôle essentiel des propriétaires privés, le gouvernement souhaite rétablir un climat propice à l’investissement. Aujourd’hui, environ un logement sur quatre utilisé comme domicile permanent – soit plus de huit millions d’unités – dépend de bailleurs individuels, maillon essentiel pour répondre à la pression croissante sur l’habitat.
Pour Vincent Jeanbrun,
Le logement doit redevenir un outil profitable pour tous.
Vincent Jeanbrun
Le ministre souhaite apaiser les relations entre propriétaires et occupants, trop souvent opposés dans le débat public, et replacer la mise en location au cœur de la stratégie nationale du logement. Il défend ainsi la création d’un véritable statut du bailleur privé, attendu de longue date par les acteurs du secteur.
Un nouveau cadre pour encourager la mise en location durable
Le projet d’amendement au budget 2026 introduit un mécanisme d’amortissement destiné aux habitations acquises à partir du début de l’année. Reprenant les recommandations du rapport Daubresse-Cosson, cette mesure offrirait aux investisseurs la possibilité d’imputer chaque année sur leurs revenus fonciers une fraction de la dépréciation du bien ou des dépenses engagées pour les travaux réalisés .
Le dispositif s’applique aux logements, qu’ils soient récents ou anciens, loués vides pour une durée minimale de neuf ans. Il vise à promouvoir la pérennité des contrats de location, souvent plus favorables aux locataires que les locations meublées, dont les loyers dépassent généralement de 10 à 15 % ceux du vide. La mesure cible prioritairement les ménages de la classe moyenne, assortie d’une limite précise pour éviter des effets d’aubaine excessifs.
Le ministère du Logement considère ce mécanisme comme
Un levier pour stimuler la performance économique des biens locatifs, tout en sécurisant les locataires.
Vincent Jeanbrun
Vers un nouvel équilibre entre incitation et régulation
Pour accélérer la remise à niveau du parc résidentiel ancien, le gouvernement prévoit de renforcer les incitations fiscales pour la rénovation énergétique, enjeu clé de la politique du logement . Le dispositif Denormandie, souvent critiqué pour ses conditions trop strictes, serait assoupli afin d’élargir l’accès aux aides et d’encourager un plus grand nombre de propriétaires à engager des rénovations.
La fixation du niveau d’amortissement reste néanmoins à trancher. Le rapport Daubresse-Cosson suggère d’appliquer une déduction de 5 % pour les nouvelles constructions et de 4 % pour le parc existant, alors que l’Exécutif privilégie, pour l’instant, une limite fixée à 2 %, invoquant la contrainte budgétaire. Les discussions au Parlement devraient préciser ces paramètres et aborder la mise en place éventuelle d’un plafonnement des loyers.
Ça peut vous intéresser
- La demande locative reste insatisfaite malgré une légère hausse de l’offre sur le marché
- Les précautions essentielles pour sécuriser un achat dans l’immobilier ancien
- Un secteur résidentiel fragilisé en quête d’orientation durable
- Crédit immobilier : les taux se stabilisent malgré l'incertitude politique, le marché français confirme sa reprise