Écrit par La rédaction Meilleurtaux .
Mis à jour le
25 mai 2026 .
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Une proposition de loi défendue par la députée LIOT Constance de Pélichy veut créer un prêt immobilier à 0% pour les futurs et jeunes parents, sans condition de revenus. Mais le coût budgétaire potentiel du dispositif interroge.
- Une proposition de loi prévoit un « PTZ familial » jusqu’à 100 000 euros pour acheter ou agrandir une résidence principale.
- Accès envisagé dès la déclaration de grossesse et jusqu’aux 5 ans de l’enfant.
- Le dispositif serait sans condition de ressources et ouvert aussi aux ménages déjà propriétaires.
- Estimations de coût : < 100 M€ selon la députée, 120 M€ selon Bercy ; en cas de recours important, la facture pourrait dépasser 3 Md€ par an (hypothèse 20%).
Un prêt immobilier à taux zéro déclenché par l’arrivée d’un enfant : c’est le principe du « PTZ familial » porté par une proposition de loi déposée mi-avril par Constance de Pélichy, députée LIOT du Loiret. Le texte vise un financement pouvant aller jusqu’à 100 000 euros, pour acheter ou agrandir une résidence principale.
La mesure serait mobilisable dès la déclaration de grossesse et jusqu’aux 5 ans de l’enfant. Elle doit être examinée dans le cadre de la « niche parlementaire » du groupe LIOT, programmée le 28 mai dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale.
Ce que prévoit le « PTZ familial »
À la différence du prêt à taux zéro (PTZ) actuel - réservé aux primo-accédants et soumis à des plafonds de ressources - cette nouvelle version serait accessible sans condition de revenus. Elle pourrait aussi concerner des ménages déjà propriétaires, l’idée étant de limiter le poids du logement dans les décisions d’agrandissement de la famille.
Logement et natalité : l’argument mis en avant
La proposition s’inscrit dans un contexte de réflexion sur la baisse des naissances. Comme l’a rappelé LCP, Constance de Pélichy a présidé la mission d’information « sur les causes et conséquences de la baisse de la natalité en France », dont le rapport, rédigé par Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), a été rendu en février dernier.
Dans une interview au Figaro, la députée défend : « 20% des couples renoncent à faire un enfant à cause du logement. Le taux de fécondité est inférieur chez les locataires que chez les propriétaires ».
Soutiens dans l’immobilier et réactions au gouvernement
Le réseau immobilier l’Adresse appuie la mesure. Dans un communiqué daté du 21 mai, son président Brice Cardi estime qu’« une chambre supplémentaire peut facilement atteindre un coût de 100 000 euros pour une famille qui déménage dans un logement plus grand. ».
Il cite le cas d’Angers, où le prix moyen atteindrait 3 500 euros le mètre carré. Selon lui, un gain de 15 m2 peut entraîner un achat plus cher, mais aussi de nouveaux frais de notaire, un crédit plus lourd et, dans certains cas, des indemnités de remboursement anticipé.
Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun s’est dit « philosophiquement favorable » à ce PTZ sur BFM Business : « Au moment où on veut faire un réarmement démographique, il faut qu’on prenne cette question-là à bras-le-corps ». Il a toutefois indiqué être plutôt favorable à un PTZ accordé à partir du deuxième enfant plutôt qu’au premier.
Combien cela pourrait coûter aux finances publiques ?
La principale inconnue reste l’impact budgétaire. Constance de Pélichy évoque un coût inférieur à 100 millions d’euros par an, tandis que Bercy l’estimerait plutôt autour de 120 millions. Des ordres de grandeur qui paraissent toutefois éloignés de ce qu’impliquerait une montée en charge large.
En retenant l’hypothèse d’un coût moyen de 25 000 euros pour l’État par PTZ accordé (niveau cohérent avec les évaluations historiques du PTZ), la facture grimperait vite. Avec environ 645 000 naissances annuelles en France, un recours de 20% représenterait déjà plus de 3 milliards d’euros par an. À 30%, le coût approcherait 5 milliards d’euros.
Ces montants seraient à mettre en regard d’un contexte où le gouvernement cherche justement plusieurs dizaines de milliards d’euros d’économies budgétaires. Même si le PTZ est souvent présenté comme un levier pour l’accession à la propriété et la construction, la faisabilité de cette déclinaison « familiale » reste donc incertaine à ce stade.