Écrit par La rédaction Meilleurtaux .
Mis à jour le
26 août 2026 .
Temps de lecture :
4 min
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- Publié le par la Rédaction Meilleurtaux
La loi de finances 2025 change le calcul de la plus-value en location meublée non professionnelle : les amortissements déduits sont repris à la revente. Quelques leviers existent, mais ils sont encadrés.
- Depuis la loi de finances 2025, les amortissements déduits en LMNP sont réintégrés dans la plus-value à la revente.
- Les exonérations de plus-value (donation, succession, résidence principale, etc.) neutralisent l’effet de la réintégration.
- Seuls les amortissements effectivement déduits sont concernés ; un stock non imputé peut échapper à la réintégration.
- L’amortissement du mobilier est exclu du calcul de la plus-value.
- Les abattements se calculent sur la durée de détention (depuis l’acquisition), pas sur la durée de location.
Les loueurs en meublé non professionnels (LMNP) doivent désormais intégrer une nouvelle donnée au moment de revendre : depuis la loi de finances 2025, les amortissements effectivement déduits pendant la période de location sont réintégrés dans le calcul de la plus-value. Mécaniquement, plus l’amortissement a été utilisé, plus la base imposable peut augmenter.
Pour autant, cette évolution ne conduit pas nécessairement à modifier la conduite à tenir. Tenter d'éviter l'amortissement par crainte de cette réintégration serait une erreur, d'autant qu'il n'existe pas de solution miracle pour la contourner. De plus, le régime réel impose de déduire chaque année ce qui est déductible : on ne choisit pas son amortissement à la carte.
Quels leviers concrets au moment de la revente ?
En pratique, les options pour alléger la note à la revente se comptent sur les doigts d'une main.
Premier cas : se trouver dans une situation d’exonération de plus-value (donation, succession, vente pour financer l’achat de la résidence principale, ou bien occupé comme résidence principale). Dans ce cadre, la réintégration ne produit pas d’effet, puisqu’il n’y a pas de plus-value imposable.
Ce qui échappe (partiellement) à la réintégration
Un point souvent oublié : la réintégration vise les amortissements réellement déduits, et non ceux simplement calculés. Si l’activité s’arrête alors qu’il reste un stock d’amortissements non utilisé (faute de loyers suffisants pour l’imputer), ce reliquat n’entre pas dans la réintégration.
Autre limite importante : le mobilier, dont l'amortissement est entièrement exclu du calcul de la plus-value. Or, le mobilier s'amortit très vite. Il représente donc une part non négligeable des amortissements globaux, surtout dans les premières années et lorsque l'activité de location ne dure pas très longtemps.
Durée de détention : les abattements peuvent réduire la note
La durée de détention reste un amortisseur fiscal : plus elle est longue, plus les abattements diminuent la plus-value imposable, et donc le coût lié à la réintégration.
Attention au repère temporel : il ne faut pas confondre le nombre d'années d'activité de location et le nombre d'années de détention. C'est bien la détention qui compte. Les abattements commencent donc à courir dès l’achat, même si la location meublée débute plus tard. Un logement détenu dix ans avant d’être loué en LMNP bénéficie déjà des abattements correspondant à ces dix années de détention.
Une piste à part : la résidence gérée
Dernière option, plus structurante : investir dans une résidence gérée (Ehpad, résidence senior, résidence étudiante ou établissement pour personnes handicapées), où la réintégration ne s’applique pas. Mais la logique est différente : l’exploitation est confiée à un gestionnaire, et le propriétaire ne dispose pas librement du bien comme avec un logement classique.
Amortir aujourd’hui pour payer plus demain ?
La crainte la plus fréquente consiste à penser que l’économie d’impôt réalisée pendant l’activité serait intégralement « rattrapée » à la sortie. Pourtant, les calculs montrent que l'opération reste avantageuse.
La plupart des loueurs meublés ont un taux marginal d'imposition égal ou supérieur à 30 %, soit 48,6 % d'imposition avec les prélèvements sociaux. Chaque tranche de 1 000 euros d'amortissement permet donc d'économiser jusqu'à 486 euros pendant la location.
À la revente, ces 1 000 euros réintégrés dans la plus-value seraient, au maximum, taxés à 36,2 % (avant prise en compte des abattements). Chaque tranche de 1 000 euros réintégrée ne coûte donc que 362 euros. Avec le temps, l’écart peut encore se creuser, les abattements pour durée de détention diminuant le coût à la sortie, sans réduire l’économie obtenue pendant l’activité.
Au final, le gain fiscal réalisé pendant la location reste généralement plus élevé que le surcoût à la revente. Même dans l’hypothèse la moins favorable, les trois quarts des loueurs y gagnent, sauf ceux dont le taux d'imposition est très bas, l’avantage se jouant surtout pendant la période d’exploitation.