Écrit par La rédaction Meilleurtaux .
Mis à jour le
18 juin 2026 .
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- Publié le par la Rédaction Meilleurtaux
Selon l’économiste Mathieu Plane, l’accord entre les États-Unis et l’Iran, s’il se confirme, réduirait le risque d’un choc durable lié à l’énergie. Conséquences possibles sur le PIB, l’inflation, la BCE, le crédit immobilier et le comportement d’épargne des ménages.
- Scénario central : inflation à 2,2% cette année, puis 1,5% en 2027 (selon Mathieu Plane).
- Impact estimé sur 2026-2027 : 0,3 point de PIB, soit environ 10 milliards d’euros.
- Scénario d’escalade : baril à 150 dollars et durablement au-dessus de 100 dollars ; coût de 1,7 point de PIB, soit plus de 50 milliards d’euros.
- Si l’accord tient, la BCE n’aurait « pas de raison d’augmenter à nouveau ses taux » après +0,25 point.
- Un contexte moins risqué pourrait favoriser le crédit immobilier, tandis que le Livret A ne créerait pas d’« appel d’air massif » pour l’épargne.
Les marchés de l’énergie ont réagi à l’annonce d’un accord entre les États-Unis et l’Iran. Pour la France, l’enjeu principal tient à l’évolution du pétrole et, par ricochet, à l’inflation, aux taux d’intérêt et au crédit.
Deux scénarios : reflux des tensions ou escalade
Mathieu Plane : « Au vu des incertitudes très élevées sur le conflit au Moyen-Orient, nous avions élaboré 2 scénarios. Notre scénario central table sur un pic des prix du pétrole au deuxième trimestre en France, avant un reflux de la hausse des prix. L'inflation pour cette année serait de 2,2%, avant de passer à 1,5% en 2027. »
Dans cette trajectoire dite centrale, l’impact économique estimé pour 2026-2027 est de 0,3 point de PIB, soit un coût d’environ 10 milliards d’euros pour l’économie française. L’accord reste à confirmer, mais s’il se maintient, il ne devrait pas provoquer d’effet prolongé. À noter : « D'ailleurs, les prix du pétrole ont nettement reculé aujourd'hui, autour de 83 dollars le baril. »
Un scénario alternatif, qualifié d’« escalade », aboutit à une lecture très différente : « La dynamique était bien différente avec un prix du baril s'envolant à 150 dollars, et restant durablement au-dessus des 100 dollars. » Sur 2026-2027, le coût calculé atteint alors 1,7 point de PIB, soit plus de 50 milliards d’euros.
Dans cette hypothèse, la hausse des prix se renforcerait nettement et entraînerait « une série de hausses de taux de la Banque centrale européenne pour freiner l'inflation », avec des conséquences défavorables sur l’activité.
Quels effets possibles sur les taux de crédit immobilier ?
M. P. : « La Banque centrale européenne vient de relever ses taux directeurs de 0,25 point. Si l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran se maintient, la hausse des prix devrait freiner et donc la BCE n'aura pas de raison d'augmenter à nouveau ses taux. »
En pratique, cela irait dans le sens d’une stabilisation du coût de refinancement des banques auprès de la BCE : « Le coût de l'argent pour les banques qui empruntent de l'argent à la BCE devrait ainsi se stabiliser. »
L’incertitude plus faible et une situation macroéconomique moins dégradée pourraient aussi peser sur l’offre de crédit : « Si les conséquences pour l'économie française de la Guerre au Moyen-Orient sont limitées, les risques de faillite des entreprises vont diminuer. Les banques pourraient ainsi être davantage enclines à prêter de l'argent aux particuliers. »
Autre élément cité : « les taux de la dette française ne se sont pas envolés ces dernières semaines, bien qu'ils restent élevés. Or leurs évolutions déterminent aussi en partie les taux fixés par les banques pour le crédit immobilier. »
Ménages : consommation, épargne et Livret A en question
M.P. : « Je pense qu'ils vont attendre un peu de voir que la situation se normalise. » Une baisse de l’incertitude internationale pourrait toutefois soutenir une diminution du taux d’épargne : « Si l'effet d'incertitude internationale diminue un peu, cela peut jouer en faveur d'une baisse sur le taux d'épargne. »
Sur le Livret A, l’économiste estime que l’effet serait limité : « De plus, la possible remontée du taux du Livret A en août sera limitée. Si l'inflation continue de ralentir, il ne faut surtout pas s'attendre à ce qu'il augmente plus tard. Le Livret A n'entraînera donc pas d'appel d'air massif pour l'épargne au cours des prochains mois. »
Enfin, au-delà des prix des carburants, d’autres facteurs pèseraient sur la confiance : « Si le moral des ménages est sensible aux prix à la pompe, les incertitudes liées à la situation en France demeurent cependant. De plus, nous allons entrer dans une année préélectorale compliquée, où le gouvernement devra faire passer encore un budget avant l'élection présidentielle. »