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OAT, BCE, concurrence : ce qui alimente la tension sur les barèmes
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Sur 25 ans, la fourchette observée se décale
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Vers une remontée graduelle des taux plutôt qu’un choc
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2022-2023 en comparaison : une trajectoire très différente
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Les promotions bancaires restent un facteur de modulation
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Immobilier : attentisme des acheteurs et délais de vente plus longs
Écrit par La rédaction Meilleurtaux .
Mis à jour le
3 septembre 2026 .
Temps de lecture :
5 min
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- Publié le par la Rédaction Meilleurtaux
Début septembre 2026, le taux de l’OAT française à 10 ans grimpe à 4,24%, un niveau inédit depuis 2008. Entre coût de refinancement, décisions de la BCE et concurrence bancaire, le marché du crédit immobilier pourrait entrer dans une remontée progressive d’ici fin 2026.
- OAT 10 ans : 4,24% le 2 septembre, contre moins de 3,6% fin juin.
- BCE : une hausse de 0,25 point est attendue, avec une annonce envisagée le 10 septembre.
- Sur 25 ans : maximum à 4,30% et minimum à 3,15%.
- Scénario anticipé : +10 points de base en septembre, autour de 3,60% en moyenne sur 25 ans.
- Marché : délais de vente allongés à 110 jours, et appels à réviser les prix.
Les taux d’emprunt immobilier ne se fixent pas dans le vide. En ce début septembre 2026, un repère suivi de près par les banques attire l’attention : les OAT, c’est-à-dire les « Obligations assimilables au Trésor », qui correspondent au coût auquel l’État français se finance sur les marchés.
Pourquoi cela compte pour un prêt immobilier ? Parce que l’OAT française à 10 ans sert de référence majeure pour évaluer le niveau général des taux. Or, elle atteint 4,24% le 2 septembre alors qu’elle était sous les 3,6% à la fin juin. Les courbes ne sont pas strictement superposables, mais leurs tendances finissent souvent par se rapprocher.
D’autres paramètres pèsent aussi : l’intensité de la concurrence entre établissements, l’appétit commercial des banques, mais aussi les décisions de la Banque centrale européenne. Sur ce dernier point, une nouvelle hausse de 0,25 point est attendue, avec une annonce envisagée le 10 septembre, en lien avec l’inflation en zone euro.
On résume ? Tous les indicateurs économiques poussent les banques vers une hausse des taux de crédit immobilier. Reste à connaître leur politique commerciale... or elles ont besoin de séduire de nouveaux clients.
OAT, BCE, concurrence : ce qui alimente la tension sur les barèmes
Si une accalmie estivale a pu être constatée mi-août, les professionnels préviennent qu’elle pourrait ne pas durer. Le potentiel de hausse risque de se matérialiser à la rentrée, lorsque le climat géopolitique et la trajectoire des OAT pèseront pleinement sur les barèmes bancaires. Un point de vigilance à suivre de près pour tous les projets encore en cours de montage.
De leur côté, les indicateurs nationaux du logement relèvent, pour le 3ème trimestre, « une légère remontée » sur toutes les durées de crédit.
Sur 25 ans, la fourchette observée se décale
Allonger la durée d'emprunt reste un levier important pour préserver la capacité d'emprunt des ménages et amortir une éventuelle hausse des taux.
Sur 25 ans, la durée « classique » la plus longue, le taux maximum proposé grimpe à 4,30%, pour un minimum à 3,15%. Trois mois plus tôt, la fourchette allait de 3,15% à 4,25%.
Conséquence : la barre psychologique des 4% est déjà franchie, même si elle concerne surtout des profils moins favorisés. Les évolutions restent toutefois contenues et traduisent davantage des ajustements progressifs qu'un véritable retournement de tendance.
Vers une remontée graduelle des taux plutôt qu’un choc
Les observateurs du marché parlent d’un « changement de ton » à la rentrée, anticipant « une phase de remontée progressive des taux », et non « un nouveau choc de crédit ».
OAT, inflation liée aux tensions géopolitiques, BCE, incertitudes économiques liées au budget 2027... L'environnement actuel est défavorable, mais les experts écartent une flambée rapide. Le scénario n'a rien à voir avec celui de 2022-2023, marqué par une hausse très franche en quelques mois.
Le marché s'oriente plutôt vers une augmentation tendancielle d'environ 10 points de base. Après la hausse constatée en août (taux moyen sur 25 ans remonté à 3,53%), un mouvement comparable est déjà envisagé pour septembre, avec une moyenne anticipée autour de 3,60% sur 25 ans.
À l’automne, une autre hausse de 10 points de base est évoquée, soit jusqu’à 20 points de base sur le dernier trimestre. Le scénario central table sur des taux autour de 3,70% ou 3,80% d'ici la fin 2026, en l'état actuel des prévisions macroéconomiques.
2022-2023 en comparaison : une trajectoire très différente
Il faut garder en mémoire la baisse de 2024 et la stabilité observée depuis 2025. Sur la période allant de juin 2025 à juin 2026, les taux moyens n'ont augmenté que de 0,20 point environ.
Autrement dit, même dans les scénarios les plus défavorables, on parle d’incréments d’environ 0,10 point par mois sur une période limitée. À mettre en regard du précédent épisode de tension : le taux moyen mesuré par la Banque de France était passé de 1,06% en décembre 2021 à 4,17% en janvier 2024.
Un message clair ressort pour les ménages qui espèrent une détente rapide : le discours consistant à attendre pour acheter en espérant une baisse des taux n'a plus lieu d'être. La tendance actuelle est bel et bien haussière.
Les professionnels du secteur s'accordent sur la poursuite de cette hausse progressive au cours du dernier trimestre, si les tensions inflationnistes et obligataires se confirment dans les prochaines semaines.
Les promotions bancaires restent un facteur de modulation
Malgré ces signaux, la bataille commerciale se poursuit. Certaines banques ont dû relancer à la fin de l'été les offres promotionnelles mises en place au printemps. Des offres à taux réduits (parfois entre 0,99% et 1,99%) sur une partie du financement, souvent ciblées sur les jeunes ou les primo-accédants, permettent de faire baisser de 10 à 30 points le taux moyen de crédit.
En fonction de leurs objectifs commerciaux, les établissements conservent une réelle capacité d’ajustement. La concurrence reste féroce pour attirer les clients, d'autant plus avec l'arrivée de nouveaux acteurs bancaires ces dernières années. Le crédit immobilier demeure l'un des principaux produits d'appel pour conquérir de nouveaux portefeuilles.
Immobilier : attentisme des acheteurs et délais de vente plus longs
Une remontée graduelle des taux pourrait paradoxalement réduire l’attentisme. Le marché du neuf reste en crise, tandis que l'ancien connaît une légère rétractation (estimée à 5% en 2026 par rapport à 2025) sans pour autant s'effondrer. Les transactions restent portées par les primo-accédants et les évolutions familiales (naissances, mariages, divorces…).
Cependant, l’attente actuelle pèse sur les transactions. L'allongement des délais de vente, qui s'établissent désormais à 110 jours, est en grande partie causé par des mandats surestimés lors de la mise en vente. Dans ce contexte, les professionnels de l'immobilier estiment que la perspective d’une hausse des taux « entre 3,5% et 4% d'ici la fin de l'année » doit inciter les vendeurs à réajuster leurs exigences tarifaires.