La Banque centrale a effectué une analyse concernant les dettes de la population marocaine. L’étude s’est portée notamment sur le volume de crédits à la consommation et son évolution, le profil des bénéficiaires et la répartition des prêts accordés. Il s’avère que le taux d’endettement est resté quasi stable depuis trois ans. Les trois dernières années ont affiché une certaine stabilité au Maroc en termes de crédits, c’est ce qu’a relevé l’étude de la Banque centrale qui a été menée sur quelque 200 000 demandes de prêt à la consommation. Le taux d’endettement des ménages marocains tournait autour de 30% l’année dernière. Si la majorité des emprunteurs sont âgés entre 41 et 60 ans, les fonctionnaires et les salariés sont les plus grands bénéficiaires des soutiens financiers de leur banque. Et il va de soi que les établissements bancaires du royaume sont plus enclins à accorder leur appui aux foyers ayant des revenus élevés, lors du traitement des dossiers. Les plus endettés sont âgés de 41 à 60 ans La Banque centrale s’est mise tout récemment à observer les dettes des Marocains. Dans le cadre de son étude, 264 084 dossiers de prêts à la consommation ont été mis en examen. Important La première conclusion est que la répartition des bénéficiaires de ce type de crédit est restée plus ou moins stable d’une année à l’autre. Un niveau d’endettement quasiment similaire a également été observé durant trois années consécutives, pour un taux de 30,9% en 2017. Il a aussi été constaté que les emprunteurs âgés de 41 à 60 ans sont les plus endettés étant donné qu’ils accaparent plus de la moitié du volume de dettes au Maroc (56,3%). Dans les détails : La tranche d’âge comprise entre 41 et 50 ans détient un taux d’endettement moyen de 31,3% ; Pour celle entre 51 et 60 ans, il s’élève à 31,5%. Moins d’un quart (23%) des souscripteurs de prêt de l’année dernière ont entre 31 à 40 ans, avec un niveau d’endettement de 31%. Quant aux moins de 30 ans, ils ne représentent que 10,7% des contractants, pour 28,9% de dette par rapport à leurs ressources financières. La stabilité professionnelle et les revenus élevés, des critères fort éligibles En tenant en compte la catégorie socioprofessionnelle des emprunteurs, l’on peut conclure qu’un travail stable est très privilégié lors d’une demande de prêt. En effet, pour un taux d’endettement de 32,4%, les fonctionnaires marocains sont les plus nombreux à bénéficier d’un soutien financier provenant des banques du pays (45,4% des crédits accordés). Les salariés aussi, avec une part de 37,4%. Ces derniers se sont endettés à hauteur 30,2%. Les travailleurs indépendants et les retraités, en revanche, ne détiennent qu’un faible ratio dont respectivement 9,2% et 6,3% des crédits de consommation accordés, pour un niveau d’endettement de 26,4% et 29%. Pour ce qui est des revenus, les organismes prêteurs sont logiquement prédisposés à octroyer des crédits aux ménages aisés. En observant la somme accordée : 65,4% ont été accaparés par ceux qui perçoivent plus de 6 000 dirhams, pour un taux d’endettement de 30% ; 13,9% par les foyers disposant de 4 000 à 6 000 dirhams avec un ratio de 31,8% ; 20,7% par ceux qui ont plus de risque de recourir ultérieurement à un rachat de crédit, du fait des revenus plafonnés à 4 000 dirhams et des charges de dette de 32,4%.