Un marché immobilier trop dynamique, voilà à quoi est actuellement confrontée la Chine. Comme tous les secteurs, l’immobilier chinois a connu un coup d’arrêt au plus fort de la crise sanitaire, mais depuis, l’activité est reparti de plus belle, faisant même craindre aux autorités la formation d’une bulle financière. Un tel scénario pourrait s’avérer très dangereux pour les banques. Les banques doivent se prémunir contre le risque systémique Partout dans le monde, l’univers de la banque et celui de l’immobilier sont étroitement liés. Mais en Chine, cette affirmation semble encore plus vraie qu’ailleurs. Certes, le recours des ménages chinois aux crédits immobiliers reste globalement modéré. Toutefois, ils sont nombreux à souscrire des prêts hypothécaires. De ce fait, les banques du pays sont fortement exposées aux menaces qui pèsent sur le marché de la pierre. ImportantAvec le secteur immobilier qui s’est fortement emballé après le confinement — un emballement qui s’est traduit par une hausse spectaculaire des prix —, les autorités chinoises craignent la formation d’une bulle financière, semblable à celle qui a provoqué la crise des subprimes en 2008. L’enjeu pour le régulateur chinois est donc désormais de limiter cette exposition des banques vis-à-vis d’un marché immobilier qui risque d’imploser à tout moment. De nouveaux plafonds établis Même si cela risque de stopper le marché immobilier dans son élan, avec tous les inconvénients que cela comporte sur l’économie globale du pays, La mise en place de certaines limites concernant l’exposition des banques au secteur immobilier se révèle être un mal nécessaire, Expliquent les autorités. ImportantAinsi, le régulateur a imposé un taux d’exposition n’excédant pas les 40 % pour les principales banques publiques. Très courants en Chine, les prêts hypothécaires devront également devenir plus rares, chaque organisme de crédit ne pouvant pas présenter un quota de plus de 32,5 % des crédits en cours pour ce type de produits. Cette nouvelle règlementation a eu pour effet immédiat de faire chuter, et de manière spectaculaire, les actions en bourse des banques concernées (-8 % pour Bank of Chengdu, -5,1 % pour China Evergrande). Quant aux porteurs de projet, l’avenir dira si ces recommandations vont entamer l’enthousiasme constaté chez eux depuis la sortie de confinement, en ce qui concerne l’accès à la propriété. En attendant, les ménages ont d’autres urgences à résoudre, à commencer par l’assainissement de leur situation financière. Ceci commence par la réduction de l’endettement en recourant, par exemple, à un rachat de crédits. En ces temps de crise, les établissements bancaires sont également plus enclins à accorder des reports d’échéances.