Face à l’expansion des déserts médicaux, la téléconsultation, qui a gagné en popularité depuis la crise sanitaire, peut s’avérer utile. L’Assurance maladie pense cependant qu’une meilleure régulation de ce dispositif revêt une importance capitale. Elle souligne de ce fait la nécessité par exemple d’améliorer la pertinence des prescriptions médicamenteuses à distance. Le Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie (HCAAM) vient de publier un rapport relatif à la téléconsultation médicale. L’organisme y révèle que cet outil capte à l’heure actuelle pratiquement 5 % de l’ensemble des consultations. Son document apprend aussi que 75 % des médecins ont adopté ce dispositif. Ce dernier est devenu déterminant dans l’accomplissement de leur métier. Il peut de surcroît figurer parmi les instruments pour résoudre le problème des déserts médicaux. La présidente du syndicat de médecins généralistes MG France, Agnès Giannotti, reconnaît l’utilité de cette méthode. Il s’agit d’une technique bénéfique lorsqu’elle est opérée dans l’optique stricte de l’organisation territoriale ou du parcours de soins, affirme-t-elle. L’Assurance maladie veut un encadrement durable des téléconsultations La responsable syndicale propose en revanche de réformer le mécanisme de prise en charge par l’Assurance Maladie. Ceci lorsque la consultation à distance n’est pas effectuée par le médecin traitant. Une suggestion qui pourrait influer sur la part de remboursement supportée par les établissements de mutuelle complémentaire. Celle-ci a été formulée alors que l’organisation prévoit d’apporter quelques changements dans l’utilisation de ce mode d’exercice. Le directeur général de la Caisse nationale de l’Assurance maladie (CNAM), Thomas Fatôme, vient de s’exprimer devant des responsables hospitaliers. Il a abordé durant son intervention le développement rapide de la téléconsultation depuis la survenance de la pandémie de coronavirus. Le responsable a déclaré qu’avant la crise, le recours à ce dispositif s’est révélé faible, mais ensuite : […] On est un peu passés à open bar ou à un mélange de Far West. Il faut maintenant essayer de construire les voies d'une régulation pérenne. Cette volonté de mieux réglementer l’utilisation de la téléconsultation est saluée par les syndicats de médecins. Ces groupements étant critiques à l’égard des plateformes de médecine à distance. Le président du Syndicat des médecins libéraux (SML), Philippe Vermersch, regrette que si des téléconsultations sont menées partout : […] Il n'y a jamais de retour de toute façon, il n'y a rien qui est contrôlé. Philippe Vermersch L’Assurance maladie entend empêcher les abus L’Assurance maladie pense que l’édiction d’obligations sur la contribution au remboursement des soins non programmés serait particulièrement souhaitable. Les médecins friands de la téléconsultation devraient alors être mobilisés pour les soucis de santé imprévisibles à l’heure où : L’Exécutif envisage de réorganiser les soins ; Les services d’urgence se trouvent dans une situation délicate. L’Assurance maladie désirerait par ailleurs accroître la pertinence des prescriptions de médicament effectuées lors des téléconsultations. Elle avait émis ce souhait dans un rapport datant de juillet dernier. Celui-ci servirait entre autres à garantir que les médecins s’abstiennent de recommander à distance davantage d’antibiotiques que nécessaire. L’organisation remarque également que les sociétés offrant de la médecine à distance ne détiennent pas de cadre juridique propre. Elle juge en conséquence essentielle l’élaboration d’un statut idoine de fournisseur de télémédecine. Enfin, une prévention contre les abus est en outre voulue. L’Assurance maladie compte en ce sens cesser d’indemniser les dispenses de travail prescrites en consultation à distance. Ceci lorsqu’ils ne proviennent pas d’un médecin traitant. Ce qui dissuaderait des patients de préférer, ou même de multiplier les téléconsultations, pour bénéficier d’un arrêt de travail.