Pour se diversifier, les enseignes de distribution britanniques Tesco et Sainsbury’s s’étaient lancées dans l’univers de la finance. Elles font aujourd’hui le chemin inverse, au moins partiellement. En effet, face au durcissement des conditions de marché, elles cèdent leur portefeuille de prêts immobiliers. Elles entendent désormais se focaliser sur des activités plus rentables pour un investissement en capital moindre. Des géants de la distribution devenus poids lourds du secteur financier Au Royaume-Uni, les géants de la distribution Tesco et Sainsbury’s ont également réussi à devenir des acteurs de taille du secteur bancaire. Tesco Bank revendique 5,6 millions de clients. Entre 2014 et 2019, 10,4 milliards de livres de dépôts ont été reçus sur son compte courant. Au total, ses encours de crédits ont atteint 12,4 milliards, dont 3,8 milliards pour l’immobilier. De son côté, Sainsbury’s a développé au fil des années un large éventail de produits, incluant l’assurance (auto, habitation) ou encore le change de devises pour 2,1 millions de clients. Les chiffres de l’exercice clos en fin février 2019 montrent un encours de crédits de 6,2 milliards de livres. Néanmoins, les profits n’ont pas été à la hauteur de leurs attentes. Le bilan de l’exercice précédent pour Sainsbury’s Bank fait état d’une perte de 34 millions de livres, que le résultat positif de 45 millions prévu pour 2019 ne suffit pas à compenser. D’après les analystes de Citi, Depuis 2013, le groupe a investi près de 1,4 milliard de livres dans sa filiale en injection de capitaux et charges diverses. Sortie du segment des crédits immobiliers, peu rentable De plus, la concurrence est rude, notamment en matière d’emprunts à l’habitat, dans un contexte de taux faibles et de liquidités surabondantes. Important Pour les organismes prêteurs, les marges constamment rognées ne justifient plus la forte consommation de capitaux. Tesco a été le premier à quitter le métier. Au mois de mai 2019, il a stoppé sa production de crédits immobiliers et à la rentrée, Lloyds Banking Group a déboursé près de 3,8 milliards de livres pour acquérir son portefeuille. La filiale bancaire du numéro un britannique de la distribution a indiqué vouloir Resserrer sa gamme de produits et services et par la même occasion, faire baisser les dépenses opérationnelles et de financement. Sainsbury’s a adopté une stratégie identique, et déclare souhaiter Se concentrer sur les segments de l’assurance et des cartes de crédit. qui offrent un meilleur rendement tout en étant moins gourmands en capital. Les cibles prioritaires sont les clients de l’enseigne de distribution et ceux d’Argos, sa plateforme de e-commerce « non-food ». L’objectif est de devenir moins dépendants des comparateurs de prix en ligne pour la conquête de nouveaux clients et réaliser ainsi des économies substantielles. Important L’octroi de prêts logement a d’ores et déjà cessé, et la deuxième chaîne de supermarchés nationale cherche activement un repreneur pour ses contrats en cours. Lloyds serait à nouveau candidat, d’après Skynews.