Les ménages québécois affichent leur bonne santé financière, la demande sur le marché immobilier reste soutenue, et le volume de défauts de paiement continue de baisser. La combinaison de ces facteurs explique les révisions successives à la hausse des prévisions de croissance pour l’ensemble de l’économie canadienne pour l’année. Dynamisme des marchés de l’immobilier et du travail Le marché du travail est particulièrement dynamique, le nombre d’emplois ayant augmenté pendant le premier trimestre 2017. ImportantL’année dernière, l’emploi à temps plein dans la région a même connu sa plus forte progression depuis 10 ans. Dans le domaine de l’immobilier, les ventes sont toujours à la hausse sur les segments et le prix médian s’est apprécié. En parallèle, au premier trimestre, le nombre de délaissements et de préavis d’exercice consécutif au non-remboursement d’un prêt hypothécaire a reculé par rapport à la même période un an plus tôt. Dynamisme de l’immobilier soutenu par plusieurs facteurs Cette résilience du marché immobilier résidentiel tient en premier lieu aux taux d’intérêt, qui se maintiennent à des seuils historiques et à une conjoncture globalement favorable aux consommateurs. Par ailleurs, le durcissement de la réglementation relative à l’accès à la propriété n’a finalement pas produit les effets négatifs redoutés. Les économistes soulignent également une progression record des revenus après impôts et inflation des Québécois depuis la dernière récession. Cette évolution repose essentiellement sur une fiscalité allégée avec des réductions et suppressions d’impôt et taxes. Faible croissance des salaires, une faiblesse structurelle ignorée Si les revenus des ménages semblent s’améliorer, ce n’est pas le cas des salaires. Une étude sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail montre une croissance limitée à 2 % du taux horaire des salaires, à peine supérieur à l’inflation. Cette faible croissance des salaires est une problématique commune à de nombreux pays comme les États-Unis. ImportantEn effet, alors que le taux de chômage est actuellement bas, les salaires n’ont augmenté que de 2,5 %, alors qu’ils étaient à 3,5 % la dernière fois que le taux de chômage était descendu à un tel niveau. Le scénario est le même au Royaume-Uni, au Japon et en Allemagne, notamment à cause d’une inflation atone et de la délocalisation de la production vers des destinations à la main-d’œuvre moins onéreuse. Effets négatifs de la moindre croissance des salaires Parce que les salaires ne suivent pas, les ménages ont du mal à sortir de l’endettement, l’épargne ralentit et la précarité des retraités augmente. Les opérations de rachat de crédit se multiplient pour alléger le budget familial, voire pour certains, éviter le surendettement. Or, le principal risque dans un contexte de faible évolution des salaires est que la banque centrale adopte une politique monétaire accommodante pour préserver le pouvoir d’achat des ménages. Encouragés à s’endetter, ces derniers contribuent à exposer un peu plus l’économie du pays à un choc de taux d’intérêt.