Pendant le confinement, les banques ont fait le choix de mettre de côté les dossiers de crédits pour se concentrer sur des activités plus essentielles. Depuis le déconfinement du 11 mai dernier, elles ont recommencé à traiter les nouvelles demandes, mais à un rythme beaucoup moins effréné. Elles se montrent également plus sélectives. Les banques veulent prendre leur temps Les candidats à l’accession immobilière peuvent de nouveau solliciter leur banque pour un éventuel financement. Mais il leur faudra faire preuve de patience parce qu’en dépit de la reprise spectaculaire du marché immobilier, celui du crédit ne pourra pas observer le même rythme. Plusieurs raisons empêchent les banques de valider (ou de rejeter) plus rapidement les demandes de prêt. D’abord, le manque d’effectif. Les employés n’ont pas encore tous réintégré leur poste ; les difficultés financières engendrées par la pandémie ayant contraint de nombreux établissements à maintenir le dispositif de chômage partiel. Ensuite, les banques se montrent désormais plus exigeantes lors de l’examen des dossiers de candidature de prêt. En effet, elles font partie des organismes les plus impactés par la crise. Or, elles ont un rôle important dans la reprise et ne peuvent pas se permettre de perdre de l’argent sur des opérations risquées. Avec la baisse de revenus dont ont souffert de nombreux ménages pendant le confinement, les risques de défauts de paiement se sont accrus. Raison pour laquelle les établissements de crédit favorisent les meilleurs profils, c’est-à-dire les emprunteurs présentant des revenus élevés et disposant d’un apport conséquent. Durcissement des conditions Important Sans vrai lien direct avec le confinement, le durcissement des conditions d’octroi de prêt empêche également les banques de valider les financements au même rythme que l’année dernière. Suite aux recommandations du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), les banques doivent impérativement évaluer la capacité d’emprunt de chaque demandeur, voir si celui-ci ne risque pas de présenter un taux d’endettement de plus de 33 % si son prêt est accordé. Et comme le HCSF interdit désormais les durées au-delà de 25 ans, l’établissement doit vérifier si un candidat à l’accession est apte à faire face à ses mensualités. La solvabilité des ménages est, en effet, un critère pertinent. Pendant le confinement, le réflexe des emprunteurs a été surtout de minimiser la charge que représente le remboursement du prêt immobilier. Ainsi, certains ont opéré une délégation d’assurance de prêt immobilier pendant que d’autres se sont contentés de procéder à une renégociation de leur crédit. Autre donnée importante : même si elle ne semble qu’épisodique, une légère hausse a été constatée sur les taux immobiliers. Cela peut déboucher par une baisse des prix, mais rend le crédit davantage inaccessible pour les ménages les plus modestes.