Sur les 52 millions de véhicules immatriculés dans l’Hexagone, 39 millions circulent encore aujourd’hui. Les 13 millions restant sont soit au fond d’un garage, soit à l’étranger. Ainsi, le nombre de voitures dans le pays est toujours aussi important et tend même à augmenter. Il s’agit en effet d’un moyen de transport incontournable pour de nombreux Français. La France compte actuellement près d’une quarantaine de millions de souscripteurs potentiels d’assurance auto, selon une étude dévoilée par AAA Data. Basée sur deux ans d’observation, cette enquête a permis de constater l’importance de la voiture pour une grande partie de la population. Ce moyen de locomotion est même indispensable dans certaines régions. La voiture reste d’ailleurs le mode de transport le plus utilisé en province et dans les zones périurbaines ou rurales, alors que les mobilités alternatives se démocratisent dans les grandes villes. Ce phénomène montre qu’il existe une véritable fracture entre les différents territoires du pays. En effet, il ne s’agit plus d’un simple décalage entre les régions. Des modes de vie différents Pour 70 % de la population, la voiture est essentielle pour pouvoir effectuer le trajet domicile-travail tous les jours. La grande majorité de ces consommateurs n’ont pas vraiment le choix, contrairement aux Franciliens et aux habitants des grandes villes. Ainsi, seuls 10,7 % des Parisiens utilisent la voiture pour se rendre à leur lieu de travail. À Lyon, 35 % des habitants optent encore pour ce mode de transport au quotidien. Les Français ne pouvant pas se passer de voiture habitent le plus souvent dans les communes rurales, périurbaines ou autres zones éloignées des grandes agglomérations. Ces territoires sont caractérisés notamment par le manque, voire l’absence, de transports en commun. L’étude d’AAA Data permet de constater l’existence d’un écart significatif entre capitale et province. Cette dernière commence d’ailleurs au niveau de la grande couronne parisienne. La délimitation géographique est relativement floue, mais les différences entre ces territoires sont tangibles, surtout par rapport aux alternatives à la voiture. Une grande disparité entre départements Le Nord recense le plus grand nombre de voitures dans le pays avec ses 1,431 millions d’immatriculations, soit plus de 3,5 % de tout le parc automobile français. En raison de sa superficie, les transports publics ne parviennent pas à couvrir totalement tout le territoire. De plus, le département compte de nombreux travailleurs frontaliers. La concentration de véhicules en circulation est également assez importante en Ariège, en Dordogne et dans la Creuse. En raison de l’importance de la voiture au quotidien dans ces départements, le prix de l’essence a un impact significatif sur le budget des ménages locaux. Ainsi, ces territoires ont été particulièrement touchés par la crise des Gilets jaunes. En même temps, les zones dans lesquelles les véhicules personnels sont utilisés de façon soutenue tendent aussi à recenser le plus grand nombre de vieux modèles. C’est ce que révèle l’étude du cabinet spécialisé dans le traitement de données statistiques. En revanche, les Hauts-de-Seine, qui comptent de nombreuses voitures de société, enregistrent la plus forte proportion de modèles de moins de 5 ans. La moyenne nationale est actuellement de 10 ans.