Écrit par La rédaction Meilleurtaux .
Mis à jour le
7 Octobre 2026 .
Temps de lecture :
8 min

Depuis le 1er septembre 2019, les étudiants ne disposent plus de leur propre régime de Sécurité sociale. Ils sont automatiquement rattachés au régime obligatoire d’Assurance maladie, au même titre que les autres assurés. Ce changement a modifié les règles de protection sociale des jeunes inscrits dans l’enseignement supérieur.
Quels sont vos droits et comment êtes-vous impacté selon votre situation ? Meilleurtaux fait le point.
- Depuis 2019, les étudiants sont rattachés au régime obligatoire de l’Assurance maladie et ne disposent plus d’un régime étudiant spécifique.
- Le statut d’étudiant ne modifie pas les règles de remboursement de l’Assurance maladie par rapport à d’autres profils d’assurés.
- Une complémentaire santé adaptée peut réduire le reste à charge sur les dépenses non remboursées par l’Assurance maladie.
- La CVEC de 105 € pour 2026-2027 finance en partie des actions de santé à destination des étudiants, mais doit être distinguée de l’Assurance maladie.
Sécurité sociale pour les étudiants : qu'est-ce qui a changé ?
Un bref historique
Depuis 1948 et jusqu’au 1er septembre 2019, les étudiants étaient déjà obligatoirement affiliés à la Sécurité sociale. Toutefois, la gestion de leurs prestations d’Assurance maladie était déléguée à des organismes spécialisés, les « mutuelles étudiantes », comme la LMDE, la SMENO, ou la SMERRA. Ces mêmes organismes proposaient une couverture maladie à titre complémentaire, comme n'importe quel assureur privé.
Par abus de langage, ce régime de Sécurité sociale était parfois appelé « mutuelle étudiante obligatoire ».
Comment fonctionne la Sécurité sociale pour les étudiants ?
Aujourd’hui, comme les autres assurés, les étudiants de l’enseignement supérieur sont automatiquement rattachés à un régime obligatoire d’Assurance maladie. Il peut s’agir du régime général, du régime agricole ou d’un régime spécial selon leur situation (généralement par l’intermédiaire de leurs parents).
Pour compléter cette couverture, ils peuvent souscrire une complémentaire santé. Celle-ci intervient pour prendre en charge tout ou partie des frais médicaux qui restent à payer après le remboursement de la Sécurité sociale de premier niveau.
Comment connaître son affiliation à la Sécurité sociale selon sa situation ?
Vous êtes déjà rattaché à un organisme de protection sociale et vous vous inscrivez pour la première fois dans un établissement supérieur
Votre inscription dans l’enseignement supérieur n’entraîne pas de changement de régime obligatoire d’assurance maladie. Vous restez généralement affilié à votre régime habituel (dans la plupart des cas, celui de vos parents). Cette situation reste valable l’année suivante.
Vous continuez ainsi à bénéficier du remboursement de vos soins en cas de maladie ou de maternité.
Le cas de l’étudiant majeur
À 18 ans, l’étudiant devient un assuré autonome et bénéficie de sa propre prise en charge par l’Assurance maladie. Il reste généralement affilié au même régime que ses parents.
Dans l’année de sa majorité, son organisme d’assurance maladie (CPAM, MSA ou régime spécial) lui adresse un courrier pour l’informer de son nouveau statut et de son numéro de Sécurité sociale. Elle l’invite également à créer son propre compte Ameli et mettre à jour sa carte vitale.
Bon à savoir dès 16 ans, un jeune peut demander à être assuré à titre personnel, sans attendre sa majorité.
Vous n’êtes affilié à aucun organisme de protection sociale
Vous pouvez demander votre affiliation au titre de la protection universelle maladie (PUMa), par l’intermédiaire de la caisse d’Assurance maladie dont vous dépendez localement (Cerfa n°15763 accompagné des justificatifs requis).
Ce dispositif garantit à toute personne qui travaille ou réside en France de manière stable et régulière un droit personnel et continu à la prise en charge de ses frais de santé.
Autres situations
| Situation | Affiliation à l’Assurance maladie |
|---|---|
| Vous travaillez en parallèle de vos études | Vous êtes affilié au régime dont dépend votre activité professionnelle : généralement le régime général, mais aussi le régime agricole ou un régime spécial selon l’activité. |
| Vous êtes étudiant en alternance | Vous êtes affilié au régime d’Assurance maladie lié à l’activité de votre employeur. Si vous n’avez jamais travaillé et que vous êtes rattaché à un assuré social, vous devez l’informer votre caisse via le formulaire S1110 ou S1106. |
| Vous étudiez à l’étranger | Votre couverture dépend du pays de destination et de votre situation :
|
| Vous faites une année de césure | Votre régime dépend de votre situation pendant la césure (vous commencez une activité salariée, vous créez une activité en tant qu’indépendant, vous n’avez pas d’emploi, vous voyagez...). |
| Vous êtes étudiant étranger en France | Les étudiants étrangers doivent, dès leur inscription dans un établissement d'enseignement supérieur français, s'affilier à l'assurance maladie via le site etudiant-etranger.ameli.fr. |
Bon à savoir
La Contribution vie étudiante et de campus (CVEC) est une contribution obligatoire d’un montant de 105 € pour l’année universitaire 2026-2027 pour les étudiants inscrits en formation initiale (sauf cas d’exonération et pour certains étudiants boursiers). Versée directement au CROUS, elle finance des actions en faveur de l’accueil et de l’accompagnement social, sanitaire, culturel et sportif des étudiants et est complètement dissociée des remboursements de l’Assurance maladie.
21% de son montant est consacré à la santé, notamment pour faciliter l’accès aux soins sur les campus, renforcer la prévention et développer les centres de santé universitaires. Les anciens droits de médecine préventive et le Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE) sont intégrés à cette contribution.
Quel remboursement pour une consultation médicale étudiante ?
La fin de la Sécurité sociale étudiante n’a pas modifié les remboursements des étudiants. Avant 2019, les « mutuelles étudiantes » géraient déjà les prestations obligatoires pour le compte des étudiants, qui étaient bien affiliés à la Sécurité sociale.
Le statut d’étudiant ne change donc pas les règles de remboursement. La base de remboursement de l’Assurance maladie est la même pour tous les assurés, qu’ils soient étudiants, actifs ou retraités.
Cas concret : le remboursement d’une consultation médicale
Pour bénéficier d’un meilleur remboursement, vous devez déclarer un médecin traitant et respecter le parcours de soins coordonnés.
Par exemple, pour une consultation chez votre médecin traitant généraliste (déclaré) au tarif conventionnel de 30 euros, l’Assurance maladie rembourse 70% de la base de remboursement, soit 19 € après déduction de la participation forfaitaire de 2 €.
Si vous consultez un autre médecin sans avoir été orienté par votre médecin traitant, ou si vous n'avez pas déclaré de médecin traitant, vous êtes hors parcours de soins. Le taux de remboursement passe alors de 70 à 30% de la base de remboursement, soit 9 euros, puis 7 euros après déduction de la participation forfaitaire. Cette minoration ne s'applique pas en cas d'urgence, d'éloignement de votre domicile habituel ou d'absence de votre médecin traitant.
Le rôle de la complémentaire santé
Pour limiter votre reste à charge après intervention du régime obligatoire, la souscription d’une complémentaire santé (aussi appelée mutuelle santé) prend tout son sens.
Elle permet de couvrir tout ou partie des dépenses qui ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale, selon le contrat et les garanties souscrits.
Pour reprendre l’exemple ci-dessus, avec une mutuelle, le reste à charge suite à la consultation médicale aurait ainsi été de 0 € pour l’étudiant (hors participation forfaitaire applicable).
Pour votre complémentaire santé, vous avez le choix entre :
- Une mutuelle étudiante spécialisée (LMDE, SMENO, SMERRA, ou encore Heyme, qui regroupe la MEP, la SMEREP et la SMERAG).
- La mutuelle des parents avec un rattachement parfois possible en tant qu’ayant-droit.
- La complémentaire santé solidaire, si vous y êtes éligible.
- Tout autre organisme complémentaire.
Le conseil Meilleurtaux : Un comparateur de mutuelles comme Meilleurtaux peut vous aider à trouver une couverture adaptée à votre situation d’étudiant. En renseignant votre âge, votre budget et vos besoins en matière de santé, vous pouvez comparer plusieurs contrats, leurs garanties et leurs tarifs. Une façon de repérer plus facilement les offres correspondant à votre profil, sans multiplier les démarches auprès des assureurs.
Faut-il une mutuelle en plus de la Sécurité sociale étudiante ?
La complémentaire santé étudiante n’est pas obligatoire, mais elle contribue à réduire le montant restant à payer après les remboursements de l’Assurance maladie. Son intérêt est décuplé dans un contexte économique tendu, où les remboursements du régime obligatoire ont tendance à diminuer et les dépenses de santé à augmenter.
Pour illustrer cette notion, un décret paru au Journal officiel le 22 août 2026 confirme le désengagement de l’Assurance maladie dans le remboursement de certains soins dentaires, fixant la fourchette de participation de l’assuré pour les honoraires des chirurgiens-dentistes et certains actes entre 50 et 60% au lieu de 35 et 45%. Cette décision intervient après une diminution du taux de remboursement, de l’Assurance maladie, passé de 70 à 60% en octobre 2023.
En 2026, le plafond des franchises médicales a également été relevé à 140 € contre 100 € auparavant (70 € pour les consultations et 70 € pour les boîtes de médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires).
Pour un étudiant, ces dépenses peuvent peser directement sur un budget déjà contraint. Selon une enquête menée par l’Union étudiante en 2025, 28% des étudiants déclarent avoir déjà renoncé à des soins pour des raisons financières. L'organisation indique que la santé figure parmi les premiers postes sacrifiés en cas de difficultés budgétaires.
Pour aller plus loin, lire aussi :
Aller chez le médecin sans carte Vitale : quelles conséquences ?
FAQ : vos questions fréquentes sur la Sécurité sociale étudiante et vos droits
Un étudiant doit-il encore cotiser à une Sécurité sociale étudiante spécifique ?
Non. Depuis le 1er septembre 2019, les étudiants sont rattachés à un régime obligatoire d’Assurance maladie selon leur situation, à l’image des autres assurés.
La CVEC remplace-t-elle la cotisation de Sécurité sociale étudiante ?
Oui. Avec la fin du régime de sécurité sociale des étudiants au 1er septembre 2019, la cotisation annuelle de Sécurité sociale étudiante a également été supprimée au profit de la contribution vie étudiante et de campus (CVEC), destinée à favoriser l'accueil et l'accompagnement social, sanitaire, culturel et sportif des étudiants et intégrant les précédents droits de médecine préventive et le Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE).
Que faire pour être bien remboursé quand on est étudiant ?
Déclarez votre médecin traitant et respectez le parcours de soins coordonnés. Vous bénéficiez ainsi du niveau de remboursement prévu par l’Assurance maladie. Une complémentaire santé peut ensuite prendre en charge tout ou partie du reste à payer.
Ça peut vous intéresser
- Mutuelle étudiant 2026 : prix, comparatif et conseils
- Sécurité sociale étudiante : quels sont vos droits ?
- La mutuelle étudiante est-elle obligatoire ?
- Quelle couverture santé choisir quand on n'est plus étudiant ?
- Mutuelle étudiante, jusqu'à quel âge est-elle possible ?
- Quelle mutuelle choisir lorsque l’on est étudiant boursier ?
- Une mutuelle étudiante gratuite, c'est possible ?
- Quelle mutuelle pour étudiant infirmier ?