Les chasseurs d’indemnités ont du travail avec la multiplication des retards et annulations de vols

femme en attente de son vol

Les chasseurs d’indemnités sont des agences qui aident les consommateurs à faire valoir leur droit contre les compagnies aériennes. Elles sont sollicitées par les passagers ayant subi un retard ou une annulation de vols. Elles prélèvent une commission sur les indemnités perçues en échange du service rendu. Les perturbations accumulées ces derniers temps leur ont permis de relancer leurs activités.

Les passagers ont parfois la possibilité d’exiger une indemnisation de la compagnie aérienne lorsque leurs vols sont annulés ou retardés. Leur droit dépend de la circonstance dans laquelle l’événement s’est produit. Pour mener la démarche, ils peuvent faire appel à des agences spécialisées, appelées communément chasseurs d’indemnités. Elles prennent en charge l’intégralité de la procédure jusqu’à l’obtention des indemnités, y compris celle au Tribunal. Comme pour les compagnies aériennes, l’activité de ces professionnels a été perturbée par la pandémie du Covid-19. Elle redémarre progressivement ces derniers mois avec les vacances d’été. La révision des règlements européens risque toutefois de les freiner à nouveau.

Une réglementation floue sur les conditions d’indemnisation

La reprise des activités des compagnies aériennes pour l’été 2022 s’est accompagnée des cas de retard et d’annulation de vols. Pour les chasseurs d’indemnités, cela donne lieu à davantage de demandes à traiter. Comme le souligne le directeur de développement d’Air Indemnité, les dossiers s’accumulent entre mi-juin et mi-septembre. Chez Airlines For Europe (A4E) néanmoins, le retour des vols massifs a relancé les débats sur les conditions d’indemnisation. Cela exclut la prise en charge prévue par l’assurance voyage.

Le lobby des compagnies aériennes demande notamment l’examen du principe de circonstances extraordinaires inclus dans le règlement européen. Cette clause permet aux compagnies aériennes de refuser l’indemnisation des passagers pour les retards et les annulations de vols. Cependant, les textes ne donnent pas suffisamment de précisions sur les conditions de son application. Airlines For Europe dénonce par ailleurs une législation qui prévoit une indemnité fixe pour les consommateurs. Ce fonctionnement pénalise les professionnels du transport aérien, en particulier ceux qui proposent des vols low cost. Le montant de la compensation financière ne s’aligne pas sur le prix du billet dans ce cas.

L’association n’a pas manqué d’attirer l’attention sur les activités des chasseurs d’indemnités à l’occasion. Elle souligne que, dans la plupart des cas, elles ne sont soumises à aucun système de régulation. Airlines For Europe y voit ainsi un mécanisme visant à profiter de la situation des passagers et des compagnies aériennes.

Une commission allant jusqu’à 50 %

Les revendications du lobby des compagnies européennes risquent de secouer l’activité des agences spécialisées dans la gestion des indemnisations. Pourtant, elles ont déjà été fragilisées par l’épidémie du Covid-19. Le nombre restreint de vols opérés pendant cette période les a quasiment privées de dossiers à traiter. Le délai de prise en charge s’allongeait pour les seules requêtes qu’elles ont gérées. En cause, un tribunal engorgé et des compagnies aériennes en difficulté face à la restriction des vols internationaux.

Chez Air Indemnité, l’effectif a été réduit pour passer de 40 à 20 employés. L’entreprise française, qui a prévu d’étendre son activité en Europe, a aussi été contraint de reporter son projet. Elle devrait le mettre en œuvre dans les mois à venir. Une levée de fonds lui a permis de réunir 4 millions d’euros avant la pandémie. Du côté d’Air Help, ils ne sont plus que 300 alors qu’ils étaient 800 à travailler pour cette structure.

L’absence d’une subvention de la part de l’État a rendu la situation d’autant plus difficile pour ces entreprises.

ImportantLeur modèle économique repose sur une commission prélevée sur chaque dossier traité.

Elle est équivalente à 30 % du montant de l’indemnisation. Elle peut atteindre 45 à 50 % pour les demandes impliquant une procédure au Tribunal. Cette rémunération est obtenue uniquement lorsque la requête aboutit. Autrement dit, les chasseurs d’indemnités ne sont payés que si les compagnies aériennes versent la compensation financière aux victimes.

À noter que l’indemnisation est réservée aux annulations ou retards liés à une raison qui peut être attribuée à l’opérateur. Le montant dépend de la distance à parcourir.


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