Le crédit conso est très encadré par la loi, chaque partie a des droits et des obligations.
L’obligation d’information sur le crédit conso
Pour le législateur, un consommateur correctement informé et qui mesure pleinement la portée de son engagement peut prendre une décision éclairée. L’absence ou le manque d’information ayant abouti à son consentement peut entraîner des sanctions pour le prêteur.
La publicité du crédit
La loi impose l’affichage d’un certain nombre d’informations sur toutes les offres de crédit :
- sa nature,
- sa durée,
- le taux annuel effectif global du crédit (TAEG, qui comprend tous les frais) en caractères plus importants,
- le coût total de l’opération (avec un exemple précis et chiffré pour l’illustrer),
- le nombre d’échéances et le montant de chacune d’entre elles.
Le support (à l’exception d’un spot radiodiffusé) doit également comprendre la mention « Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager ».
Est en revanche interdite toute mention d’un cadeau pour toute souscription d’un crédit, ainsi que celle promettant une amélioration de la situation financière de l’emprunteur.
L’information préalable
Avant d’émettre une offre de crédit à l’emprunteur, le prêteur doit lui remettre une fiche pratique détaillée à remplir, et pour un montant supérieur à 3000 euros, à accompagner de documents justificatifs.
Il doit en outre lui fournir des explications détaillées et personnalisées.
Le premier objectif de ces précautions est de mieux cerner ses besoins et sa situation afin de lui proposer la solution de financement la mieux adaptée. Si le crédit est de plus de 1000 euros et qu’il est proposé directement sur le lieu de vente ou à distance, le prêteur doit systématiquement suggérer un prêt amortissable à l’emprunteur. Mais le prêteur est aussi tenu de vérifier sa solvabilité, sur la base des documents et de la consultation obligatoire du Fichier national des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers (FICP).
En cours de contrat, notamment dans le cas d’un prêt à taux variable, toute révision de taux doit faire l’objet d’une information préalable par le prêteur.
L’offre préalable
L’offre préalable doit être présentée de manière à être claire et lisible pour l’emprunteur, et remise en deux exemplaires, voire trois en cas de caution.
Elle doit rester valide pendant quinze jours à partir de sa date d’émission afin de donner à l’emprunteur un délai de réflexion suffisant.
L’article L. 311-10 du Code de la consommation stipule que cette offre doit contenir l’identité (nom/raison sociale et adresse) des différentes parties, y compris les éventuelles cautions. Elle doit également indiquer, notamment pour un prêt affecté, les caractéristiques du bien financé. Les détails du crédit aussi doivent y figurer :
- nature et objet,
- montant et coût total,
- TAEG,
- date et conditions de mise à disposition des fonds.
Elle est nécessairement accompagnée d’un échéancier, qui détaille pour chacune des échéances les parts respectives du capital et des intérêts.
Si l’assurance emprunteur est réclamée, la banque doit annexer à l’offre préalable une notice présentant son offre de group
- coordonnées de l’assureur
- taux;
- risques couverts et exclusions;
- conditions générales
- modalités de mise en œuvre...
Elle doit préciser la possibilité pour le client d’opter pour un contrat individuel auprès de l’assureur de son choix à condition que les garanties proposées soient équivalentes à celles de la banque.
Enfin, la loi impose de mentionner sur l’offre préalable le délai de rétractation de sept jours, ainsi que les sanctions prévues en cas de non-respect des exigences formelles. Doit également figurer sur le support le droit pour l’emprunteur d’accéder aux informations le concernant.
Le recouvrement du crédit conso
En cas d’impayés, le prêteur peut réclamer une indemnité à son débiteur.
Deux cas sont possibles :
1 Solde immédiat du capital restant dû
S’il exige que le capital restant dû soit immédiatement soldé, le montant de l’indemnité ne peut excéder 8 % des échéances impayées et échues.
2Report des échéances à échoir
Si les échéances à échoir sont reportées, il est en droit d’obtenir une indemnité complémentaire correspondant au maximum à 4 % des échéances reportées.
En outre, le prêteur peut saisir le tribunal d’instance pour se faire payer dans les deux ans qui suivent les circonstances suivantes :
- Pour un crédit « classique, le premier incident de paiement non régularisé, ou en fin de contrat ou en cas de résiliation, le non-paiement des montants dus ;
- Pour un crédit renouvelable, la non-régularisation d’un dépassement du montant total du crédit ou la non-régularisation d’un dépassement après 90 jours.