Notre analyse des taux

au 4 mai 2012

Les taux de crédit continuent à reculer ce mois-ci dans la moitié des banques sur toutes les durées. Phénomène nouveau : elles sont de plus en plus nombreuses – 30 % en mai - à ne baisser leurs taux que sur 20 ans ou moins. A 4 % en moyenne sur 20 ans contre 4,30 % en janvier, les taux sont actuellement très favorables. Dans ce contexte, la demande de crédit redémarre légèrement et un nombre croissant d'emprunteurs s'interrogent sur l'opportunité de renégocier leur crédit.

Les trois quarts des banques baissent leurs taux sur les durées de 20 ans et moins

A ce jour, la moitié des grilles de taux reçues pour mai affichent des baisses sur toutes les durées, de 0,12 point et jusqu'à 0,30 point pour certaines.

Toutefois – et c'est une nouveauté 2012 – 30 % des banques diminuent leurs taux pour les crédits sur 20 ans et moins, les laissant stables au-delà. Ainsi, le taux moyen sur 20 ans atteint le seuil symbolique de 4 % (-0,30 point depuis janvier), revenant à son niveau de début 2011 et annulant un an de hausse.

"Le crédit immobilier demeure une priorité pour les banques. Nous pensons que les taux devraient rester très avantageux au moins jusqu'en septembre, d'autant que le taux de l'OAT 10 ans - taux de long terme servant de référence pour déterminer les taux de crédit – se maintient en dessous de 3 %" explique Hervé Hatt, directeur général de meilleurtaux.com.

Évolution des taux moyens* en 2012

 OAT 10 ans15 ans20 ans25 ans
Janvier 3,18 % 4,05 % 4,31 % 4,48 %
Février 2,98 % 4,02 % 4,28 % 4,46 %
Mars 2,83 % 3,95 % 4,20 % 4,43 %
Avril 2,87 % 3,87 % 4,12 % 4,38 %
Mai 2,94 % 3,75 % 4 % 4,71 %
* Fixes, hors assurance - source : meilleurtaux.com

Renégocier son crédit immobilier, c’est peut-être le moment...

Depuis le début de l'année 2012, meilleurtaux.com constate une légère hausse du nombre de dossiers déposés sur son site internet mais une chute du nombre d'achats immobiliers en cours, traduisant un attentisme des emprunteurs.

Au 1er trimestre 2012, le nombre de dossiers de crédit déposés sur le site meilleurtaux.com a augmenté de 4 % par rapport au 1er trimestre 2011, avec des différences régionales :

  • + 15 % en Alsace,
  • + 11 % en Bretagne,
  • mais - 5 % en Ile-de-France,

témoignant de l'intérêt constant pour l'immobilier. En revanche, on constate un recul de près de 20 % du nombre de dossiers avec compromis de vente signé ou sur le point de l'être.

"L'intérêt pour l'immobilier, valeur refuge, est toujours présent mais avec un attentisme lié au contexte économique, à l'élection présidentielle et à l'espoir d'une baisse des prix. On constate également une plus grande prudence des emprunteurs qui se préoccupent de la recherche de financement plus en amont, bien avant d'avoir signé un compromis de vente et demandent davantage de simulations" explique Sandrine Allonier, responsable des études économiques de meilleurtaux.com.

Reste qu'en avril, notamment sous l'effet de la baisse des taux, le nombre de dossiers déposés est en hausse de 24 % par rapport à avril 2011, quand la baisse des dossiers avec compromis de vente signé n'est plus que de 12 %. Par ailleurs, compte tenu du niveau avantageux des taux, les demandes de renégociation augmentent fortement : + 46 % par rapport à avril 2011.

Compte tenu de la baisse des taux de crédit immobilier, il pourrait être intéressant pour certains emprunteurs de renégocier leur crédit immobilier souscrit à taux révisable ou durant l’année 2008 lorsque les taux atteignaient plus de 5 % sur 20 ans. "On considère que renégocier son crédit est intéressant lorsque l’écart de taux est supérieur à 0,80 ou 1 point, et ce en raison des frais engendrés par cette opération (indemnités de remboursement anticipé, frais de dossier). Des emprunteurs ayant souscrit des crédits à plus de 4,70 % ou à taux révisables peuvent, avec un bon dossier, obtenir actuellement des taux fixes compris entre 3,80 % et 4,10 % sur 20 ans… Et s’ils peuvent diminuer la durée du crédit en remboursant la même mensualité, l’économie potentielle est plus importante", explique Sandrine Allonier.