Les stablecoins pourraient réduire le coût des virements internationaux… mais pas forcément leur prix

Le 15 janvier dernier, le Premier sous-gouverneur de la Banque de France Denis Beau a prononcé un discours consacré aux stablecoins en évoquant leurs avantages en matière de transferts de fonds rapides, sécurisés et abordables. Là où les cryptomonnaies se caractérisent par leur forte volatilité, les stablecoins ont pour objectifs de stabiliser leur cours tout en tirant profit de la sécurité apportée par la blockchain.

Un projet entre monnaie traditionnelle et cryptomonnaie

Les stablecoins sont des devises numériques dont la stabilité du cours dépend de la valeur d’un panier d’actifs ou d’une monnaie fiduciaire, comme le dollar ou l’euro. Le stablecoin est un moyen de profiter des systèmes sécurisés et efficaces de la blockchain pour les usages du grand public. Les transferts via la blockchain sont sécurisés grâce au consentement successif des utilisateurs et au chiffrement.

Libra de Facebook est par exemple un stablecoin adossé à un panier de devises comprenant en majorité le dollar et l’euro. Mais il est possible d’adosser un stablecoin à une seule devise, comme pour ce qui est du Tether, stablecoin basé sur le dollar. D’autres projets ont vu le jour dans le cadre d’entreprises bancaires ; le JPM Coin de JP Morgan et le Digital Vault de HSBC sont ainsi des stablecoins mis en place afin de faciliter les transactions internes et entre banques. Dans cette effervescence de projets, la Banque Centrale Européenne étudie actuellement l’opportunité de développer un stablecoin au niveau européen.

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Un nouvel outil au service des banques

Le stablecoin est un outil permettant d’utiliser la blockchain pour effectuer des transactions plus sécurisées avec un contrôle intégré au système. Dans un virement électronique à l’international classique, les institutions bancaires servent de tiers de confiance afin d’éviter le problème du double paiement. Ce rôle demande des ressources et du temps, justifiant un coût. Ce coût n’est pas systématiquement transparent, et cela est en partie dû au fait que les banques recourent à la coopérative monopolistique SWIFT.

Le coût des virements à l’international est élevé voire parfois disproportionné. La Banque Mondiale donne accès à une évaluation du coût moyen de transaction pour l’envoi de fonds d’un pays à un autre. A titre d’exemple, une transaction de 140€ de la France vers la Serbie coûtera en moyenne 11€, soit 8% du montant transféré. De nombreux facteurs de coût sont engagés dans de telles opérations ; les frais fixes de transaction et la commission de change.

Utiliser la blockchain permet de résoudre le problème du double paiement pour les transferts en ligne sans passer par un tiers. En ce qui concerne les virements à l’international, cela signifie qu’un compte pourrait recevoir un virement provenant d’un compte étranger grâce à un transfert sécurisé par le chiffrement et la signature digitale, permettant de tracer la chaîne de toutes les transactions effectuées.

Seule une nouvelle pression concurrentielle peut faire baisser les prix

Si la blockchain permet de réduire les coûts de transaction des banques, elle n’augure pas automatiquement une baisse du prix pour les clients. Des services cherchent déjà à concurrencer les systèmes existants de transferts à l’international, comme par exemple TransferWise. Cette plateforme permet d’effectuer des transferts internationaux sans que les fonds ne traversent les frontières : une personne qui souhaite effectuer un transfert d’un pays A vers un pays B recevra en réalité un transfert d’une personne souhaitant procéder à un transfert du pays B vers le pays A, ainsi les virements se complètent au sein-même des pays. Pourtant, à ce jour, TransferWise n’a pas incité les banques à réduire drastiquement le coût des virements internationaux.

Seule la pression concurrentielle de nouveaux acteurs face aux banques serait en mesure de baisser les prix pour les consommateurs. Il faut que l’utilisateur puisse aisément utiliser un concurrent (comme Lydia ou Pumpkin pour les virements nationaux) pour que les banques baissent leurs tarifs. Les stablecoins auront un impact puissant sur les prix si, et seulement si, ils permettent à des nouveaux entrants d’instaurer une forte pression concurrentielle. Sinon, ils permettront aux banques de baisser leurs coûts… mais pas forcément leurs prix.

 

Auteurs : Nicolas Bouzou et Constance Péruchot

Nicolas BouzouJacques Witt SipaNicolas Bouzou est un économiste et essayiste français, il a fondé le cabinet de conseil Asterès en 2006 qu’il dirige depuis et est directeur d’études au sein du MBA Law & Management de l’Université de Paris II Assas. Il a également créé le Cercle de Belém qui rassemble des intellectuels européens libéraux et progressistes. Il est régulièrement publié dans la presse française et étrangère. Nicolas Bouzou est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages, dont le dernier, co-écrit avec Julia de Funès, a été publié en septembre 2018 aux Editions de l’Observatoire : «La comédie (in)humaine, comment les entreprises font fuir les meilleurs».

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