En
un clin d'il, grâce à ces indicateurs,
vous allez tout comprendre de l'évolution des
taux d'intérêt. Les chiffres qui influencent
les taux à la baisse sont suivis d'une flèche verte,
ceux qui influencent les taux à la hausse d'une flèche
rouge... Suivez le guide !
Depuis le début de l’année, le prix du baril n’a cessé de battre des records. Il a atteint un nouveau record historique le 22 avril 2008, en s’établissant à 119 dollars. Le cours du pétrole a progressé de 81 % sur un an (65,73 dollars au 22 avril 2007) et de 20 % depuis le début de l’année. La dépréciation du dollar allège la facture pétrolière des pays hors zone dollar. L’augmentation de la demande de ces pays amplifie la hausse des prix du pétrole sur le marché. La baisse du dollar incite également les producteurs à augmenter les prix pour maintenir leurs revenus. Enfin, les tensions géopolitiques et l'arrivée massive des fonds spéculatifs sur le marché des matières premières contribuent également à l’envolée du prix du baril.
La hausse du prix du pétrole constitue une composante majeure de l’accélération de l’inflation en Europe (3,6 % en mars 2008). Les consommateurs subissent une détérioration de leur pouvoir d’achat, source de ralentissement économique. L’évolution actuelle du prix du baril devrait conforter la Réserve fédérale américaine dans sa politique de baisse de son taux d'intérêt (actuellement à 2,25 %) et conduire la BCE à envisager une baisse de son taux directeur au second semestre 2008 (son taux actuel se situe à 4 %) pour relancer l’économie.
Influence sur les taux :
Taux d'inflation : 3,6 %
En mars 2008, l'inflation dans la zone euro s'est hissée à son plus haut niveau depuis juin 1992, à 3,6 % (contre 1,9 % en mars 2007). Elle se situe bien au dessus de la cible de 2 % fixée par la BCE. En France, l'indice des prix à la consommation a connu une hausse de 3,2 % en mars 2008, un record depuis novembre 1991. L’inflation connaît une accélération essentiellement liée à la hausse des cours de l’énergie et des produits alimentaires.
La Banque Centrale Européenne (BCE) doit faire face au dilemme suivant : maintenir son taux directeur à 4 % pour contenir les tensions inflationnistes ou le baisser pour soutenir l'activité économique sur laquelle pèse des menaces de ralentissement. Lors de sa dernière réunion du 10 avril, la BCE a décidé de maintenir son taux directeur à 4 %. La Banque centrale européenne est très préoccupée par les effets indirects de l’inflation sur les salaires. Contrairement à la BCE, la Banque centrale américaine a baissé son taux directeur de 2 %, pour le passer de 4,25 % à 2,25 %, depuis le début de l’année. Le président de la Fed a évoqué le 2 avril 2008, une contraction de l’activité au 1er semestre 2008 et semble moins préoccupé par l’inflation que les risques de récession. Les marchés financiers anticipent que la BCE va baisser son taux directeur de 0,5 % au second semestre 2008 (- 0,25 point en juin et - 0,25 point en septembre) dans un contexte de ralentissement économique et d’inflation sous-jacente (hors alimentation et énergie) modérée (2 % en mars 2008).
Influence sur les taux :
Cours de l'Euro : 1,6$
La mauvaise conjoncture économique liée à la crise des marchés immobilier et financier a pour conséquence un affaiblissement du dollar par rapport à l’euro. La monnaie européenne a battu un nouveau record historique le 22 avril 2008, se hissant à 1,60 dollar. Depuis le début de l'année, le cours de l'euro s'est apprécié de près de 9 %. Sur un an, l'euro s'est apprécié de 18 % par rapport au dollar (1,36 dollar au 22 avril 2007).
Un cours de l'euro élevé permet de minorer le coût du pétrole importé tout en atténuant l’impact de l’inflation. Mais il a toutefois un impact négatif sur la croissance économique, en augmentant de manière significative le coût des exportations.
La hausse du cours de l'euro a donc une influence à la baisse sur les taux d'intérêt, en diminuant les risques d'inflation et en contribuant au ralentissement économique. Ce qui pourrait inciter la BCE à assouplir sa politique monétaire au second semestre 2008.
Influence sur les taux :
Indice boursier : 4798 points
Au 22 avril 2008, l'indice du CAC 40 s'établit à 4 873 points, en baisse de 18 % sur an (5 917 points au 22 avril 2007). L’indice a cédé 12 % depuis le 2 janvier 2008 (5 550 points au 2 janvier 2008). L'euro fort et la flambée du baril pénalisent les performances du CAC 40.
L'indice CAC 40 a connu une année 2007 très agitée. Il a connu une première crise le 27 février 2007 en passant de 5 765 points à 5 591 points (soit une baisse de 3 %). Après une période de reprise pendant laquelle l'indice a atteint sa plus forte valeur (6 169 points au 1er juin), le CAC a connu trois nouvelles crises : le 26 juillet et les 9 et 10 août 2007 en s'établissant respectivement à 5 675, 5 625 et 5 449 points (soit une baisse se situant entre 2 % et 3 %). Les années précédentes, les marchés avaient connu de très fortes progressions boursières : + 21,2 % en 2006, + 24,4 % en 2005, + 7,3 % en 2004 et + 16 % en 2003.
Les marchés boursiers ont une nouvelle fois montré qu'ils étaient très risqués, ce qui incite les investisseurs à revenir vers les instruments de taux d'intérêt (obligations) en délaissant les marchés actions. L'évolution des marchés boursiers constitue le facteur prédominant qui oriente les taux d'intérêt à la baisse.
Influence sur les taux :
Taux de chômage : 7,1 %
Le taux de chômage dans la zone euro s'est établi à 7,1 % en février 2008, inchangé par rapport à janvier.
Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail est désormais établi par l'Insee à partir d'une définition qui le rapproche des statistiques européennes. Selon cette nouvelle approche et selon l'interprétation d'Eurostat, le taux de chômage en France a fortement reculé, à 7,5 % au 4ème trimestre 2007 (soit une baisse de 0,3 point par rapport au 3ème trimestre 2007). Il s'agit du plus bas niveau de taux de chômage depuis 1983.
La baisse du taux de chômage enlève un argument au gouvernement dans sa pression auprès de la BCE pour garder son taux d'intervention inchangé. Elle peut conduire à une plus forte augmentation des salaires avec les risques d'inflation associés. Cette baisse du chômage a donc une influence à la hausse sur les taux d'intérêt.
Influence sur les taux :
Croissance européenne : + 1,4 %
La BCE table pour cette année sur une augmentation du PIB de 1,7 % (contre une prévision de 2 % en décembre 2007). Les prévisions de croissance pour la zone euro ont été également révisées à la baisse par le FMI, à 1,4 % en 2008, contre 1,6 % anticipé en janvier et une croissance de 2,6 % en 2007. La croissance a ralenti dans la zone euro en 2007, à 2,6 % contre 2,8 % en 2006.
Ce ralentissement de la croissance a une influence à la baisse sur les taux d'intérêt. Il devrait en effet conduire la BCE à adopter une politique monétaire plus accommodante tout en restant vigilante par rapport aux risques inflationnistes.
Influence sur les taux :
Croissance américaine : +0,5 %
Dans ses prévisions d’avril 2008, le Fonds monétaire international (FMI) estime à 0,5 % la croissance américaine en 2008 contre une prévision de 1,6 % en janvier 2008. La croissance américaine a fortement baissé au 4ème trimestre de l'année 2007, passant de 4,9 % au 3ème trimestre à 0,6 %. En 2007, les Etats-Unis ont connu une croissance économique de 2,2 % (niveau de croissance le plus faible depuis 2002). La crise de l'immobilier américain ralentit sensiblement la croissance et cela impacte progressivement la consommation des ménages qui représente 70 % du PIB. L'indice de confiance du Michigan est tombé à 63,2 (69 attendu) en avril 2008 contre 69,5 en mars 2008, en raison des inquiétudes liées à la baisse des revenus et à la hausse du chômage. Cette baisse de l'indice du Michigan, à son plus bas niveau depuis février 1992 (soit 16 ans), marque une entrée en récession de l’économie américaine. La récession américaine a une influence majeure sur l'évolution des taux d'intérêt. La FED, a déjà laissé entendre qu’elle procèderait à une nouvelle baisse de son taux directeur lors de sa prochaine réunion.
Influence sur les taux :
Taux de chômage aux Etats-Unis : 5,1 %
L’économie américaine a été marquée en mars, 2008 par une destruction de 80 000 emplois, contre 63 000 suppressions en février et 22 000 en janvier. Ce qui confirme que l’économie américaine est rentrée dans une récession. La destruction d’emplois a été plus forte dans la construction et l’industrie manufacturière. Le taux de chômage est estimé à 5,1 % pour le mois de mars 2008 contre 4,8 % en février 2008.
Influence sur les taux :
Marchés financiers court terme : 4,83 %
Le taux d'intérêt à 1 an se situe à 4,83 % au 21 avril 2008. La crise des marchés interbancaires a entraîné une très forte augmentation des taux à court terme entre juillet 2007 et la fin de l'année pour atteindre 4,89 % le 17 décembre 2007. Les marchés anticipent une baisse des taux de la BCE de 0,5 % au second semestre 2008. Il faut noter que les taux actuels des marchés financiers intègrent déjà l'anticipation de cette baisse de la part de la BCE.
Influence sur les taux :
Marchés financiers long terme : 4,28 %
Le taux d'intérêt à long terme (10 ans) s’établit à 4,28 % au 21 avril 2008. Il se situait à 4,25 % en début d'année et était monté jusqu'à 4,70 % en juillet 2007. Le taux d'intérêt à long terme a connu ainsi une baisse de 0,42 % sur une période de 9 mois.
Compte tenu du ralentissement marqué de la croissance économique et de la crise des marchés boursiers, il est probable que les taux à long terme (OAT 10 ans) resteront durablement en dessous de 4,50%.