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Pékin renforce la réglementation sur les microcrédits en ligne

Batiment chinois

Les autorités chinoises ont décidé de réglementer davantage les activités des microcrédits en ligne, un secteur qui pèse 130 milliards d’euros annuels et réputé pour ses taux d’usurier. Dans un pays où l’accès aux crédits bancaires classiques est encore limité (seulement un tiers de la population dispose d’une carte de crédit), les offres de microcrédits en ligne se sont multipliés, avec des opérations parfois simplissimes.

Des abus et des méthodes de recouvrement peu scrupuleuses

Le revers de la médaille : certains sites n’hésitent pas à pratiquer des taux abusifs, voire à utiliser des méthodes mafieuses pour se faire rembourser (agressions, harcèlement…).

C’est le cas par exemple de prêteurs qui exigent des photos nues des étudiantes qui leur empruntent de l’argent, et qui menacent de les divulguer en cas de défaut ou de retard de paiement.

Autre fait divers tragique : l’an dernier, un jeune homme a tué un individu au couteau. La victime aurait brutalisé et agressé sexuellement sa mère qui se trouvait dans l’incapacité de rembourser ses dettes.

Pour éviter que ce type de dérapages ne se reproduise, les autorités chinoises viennent d’adopter une nouvelle réglementation selon laquelle seuls les individus et les sociétés disposant d’une licence adéquate pourront accorder des crédits.

Le taux pour les emprunts entre particuliers ou entre entités privés sera également plafonné. Il appartient à la Cour Suprême chinoise d’en fixer le plafond.

Aussi, les sociétés de microcrédits ne sont plus autorisées à signer avec des individus non solvables, à pousser les emprunteurs au surendettement, et à recourir à l’intimidation ou à la violence pour se faire rembourser.

Une offensive plus globale

Ces dispositifs s’inscrivent dans une stratégie financière plus globale : ces derniers mois, Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la banque centrale, a commencé à tirer la sonnette d’alarme sur les failles du système financier.

Il dénonce la multiplication de risques « cachés, complexes, contagieux », avertit contre les dangers d’une mauvaise régulation des crédits en ligne, et insiste sur la nécessité d’encadrer la « finance de l’ombre », un secteur qui jusqu’ici est parvenu à échapper à tout contrôle.

Si Pékin a toujours favorisé l’accès aux crédits pour stimuler l’économie, il suit à présent le chemin inverse et veut ralentir l’envolée des crédits à la consommation, dont les encours colossaux dépassent 250 % du PIB.

Face à ce tour de vis, des autorités chinoises, les principales plateformes de microcrédits du pays, Qudian et PPDAI, s’efforcent de s’adapter à la nouvelle réglementation. Qudian a révisé les taux d’intérêt annualisés de ses produits pour les aligner au seuil légal de 36 %.

Pour faire preuve de bonne volonté, le financier va jusqu’à proposer un taux de 24 % aux emprunteurs qui utilisent la plateforme financière Alipay, du géant de l’e-commerce Alibaba (lui-même actionnaire dans Qudian).

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