Révolution à venir chez les agents immobiliers

Au début du 20ème siècle, l’économiste soviétique Nicolaï Kondratiev avait montré que, tous les 50 à 60 ans, les économies développées connaissent une grande période de croissance, précédée par une récession chargée de réduire les déséquilibres macroéconomiques, comme des pertes de compétitivité industrielle cumulative ou des niveaux d’endettement, public ou privé, excessifs.

Peu après, l’économiste autrichien Joseph Schumpeter avait montré que l’innovation était à la source de ces cycles de croissance longs et récurrents. Plus encore, cette innovation n’est pas seulement technologique mais concerne aussi les services et, notamment, la distribution.

De ce point de vue il se dessine enfin un consensus chez les observateurs : la période actuelle est bien plus qu’une crise ; c’est une grande phase de destruction créatrice qui s’apparente à une mue de l’économie, et qui touche aussi bien le secteur public que le secteur privé, l’industrie que les services.

Les agents immobiliers ne le perçoivent pas, mais ils sont au commencement d’une vague de destruction-créatrice qui, pour eux, va tout changer ou presque. Les données de chiffres d’affaires publiées par l’INSEE chaque mois nous montrent que ce secteur est en récession, certes légère mais en récession tout de même, depuis le début de 2012. La contraction est loin d’être dramatique, mais les transactions reculent et les prix stagnent, fin d’un monde pour ceux qui ont connu ce marché dans la première partie des années 2000.

Les agents immobiliers, dans leur majorité, « attendent » le retour de la croissance

Si l’économie repart, pensent-ils un peu confusément, le logement suivra, d’autant que les besoins sont importants : les gens veulent investir dans la pierre, la démographie soutient les besoins… Ce que l’analyse et l’histoire économique nous enseignent, dans la ligne de Kondratiev et Schumpeter, est différent : c’est l’innovation qui permettra aux agents immobiliers de sortir de leurs difficultés.

L’innovation ? Chez les agents immobiliers ? Mais de quoi parle-t-on ?

De la technologie peut-être.

  • Les réseaux doivent continuer de réaliser des gains de productivité pour baisser les commissions, élevées dans notre pays ;
  • Mais il faut aussi augmenter la valeur ajoutée par le service.

Quand je rentre chez un agent immobilier aujourd’hui, je ne perçois guère de différence avec l’époque où, alors que j’étais un jeune adolescent, mes parents voulaient acheter une maison. Pourtant, depuis, nous sommes sortis de l’économie de masse des 30 Glorieuses pour entrer dans celle du partage, du développement durable, de l’individu, des micromarchés, de l’hyperinformation…

Ce sont les agents immobiliers « schumpetériens » qui s’adaptent à cette nouvelle donne qui relanceront leur marché, et non plus les aides à l’accession ou la simple baisse des prix.

nicolasbouzou

Économiste et directeur-fondateur du cabinet de conseil et d'analyse économique Asterès, Nicolas Bouzou est membre du Conseil d'Analyse de la Société auprès du Premier Ministre, directeur d'études à la Law & business school de Paris II Assas, vice-Président du Cercle Turgot et chroniqueur sur Canal Plus. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont Le Chagrin des Classes Moyennes, Lattès, 2011.

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