L’assurance logement

La zone euro souffre aujourd'hui de deux maux.

  • D'abord, la plupart des États européens sont surendettés, acculés à la rigueur par des créanciers qui ont violemment réévalué (et, soyons honnête, certainement à juste titre), le risque souverain.

Mais ceci ne la distingue pas du Japon, des États-Unis et du Royaume-Uni qui se trouvent, à ce titre, dans une situation encore pire.

  • Ensuite, et c'est ce point qui singularise la zone euro, cette union monétaire souffre d'une déficience de gouvernance surréaliste sur les grands sujets macroéconomiques, sans budget commun, sans capacité à mutualiser les dettes (ou alors marginalement), sans capacité à dialoguer sereinement avec la Banque centrale européenne, à faire respecter les règles édictées dans les traités...

Du coup, nos problèmes sont décuplés, et nos États européens risquent de devoir se refinancer à des taux d'intérêt de plus en plus élevés, surtout si les agences de notation dégradent leurs notes en cascade.

Dans ce contexte, la réaction du marché immobilier risque d'être ambivalente.

  • D'un côté, la dégradation de la conjoncture et ses tristes avatars que sont la stagnation des salaires et la montée du chômage vont dégrader la solvabilité des emprunteurs, d'autant que les banques resserrent leurs critères de sélection des risques.
  • De l'autre côté, que reste-t-il d'autre comme valeur refuge que les actifs tangibles que sont les matières premières et l'immobilier ? Un portefeuille uniquement financier présente désormais, non plus seulement un risque de perte de valeur patrimoniale, mais de disparition partielle (après tout, nous avons réalisé que nous étions dans un monde où toutes les catégories d'agents économiques peuvent faire défaut, des banques au secteur public).

L'immobilier, lui, demeure. Certes, un logement peut perdre de sa valeur, et chacun s'attend, au moins pour 2012, à une vraie baisse de prix. L'immobilier, comme la terre en son temps, sécurise dans un environnement durablement anxiogène. Voilà qui pourrait éloigner le risque de crash au profit de l'atterrissage en douceur.

nicolasbouzou

Économiste et directeur-fondateur du cabinet de conseil et d'analyse économique Asterès, Nicolas Bouzou est membre du Conseil d'Analyse de la Société auprès du Premier Ministre, directeur d'études à la Law & business school de Paris II Assas, vice-Président du Cercle Turgot et chroniqueur sur Canal Plus. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont Le Chagrin des Classes Moyennes, Lattès, 2011.

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