2014 : le marché ne change pas, la politique du logement peut-être

Le marché immobilier début 2014 poursuit les tendances de 2013. A la baisse des prix dans l'ancien est associée une hausse des volumes pendant que la construction continue de s'affaisser. Un espoir demeure peut-être : le projet présidentiel de « choc de simplification ».

La construction de logements

  • La baisse des prix dans l'ancien a été continue sur l'année 2013. Au dernier trimestre elle se chiffrait à 1,7 %(sur un an). La tendance début 2014 est similaire.

Les premiers chiffres publiés concernent les prix en Ile-de-France où la baisse se poursuit avec un recul de 1,4 % sur un an(en comparant la période décembre 2012 – février 2013 à la période décembre 2013 – février 2014). Dans Paris, la baisse est légèrement plus accentuée, à 1,8 %. La tendance au niveau national devrait aussi s'inscrire à la baisse.

  • La hausse des volumes vendus dans l'ancien s'accélère début 2014. En décembre 2013, le nombre de logements anciens vendus depuis 12 mois s'élevait à 723 000, soit une hausse de 3 % sur un an.

En février 2014, le nombre de transactions atteint 739 000 sur 12 mois, soit le plus haut niveau depuis juillet 2012 et une hausse sur un an de 14 %.

  • Le recul de la construction de logements s'accentue. Sur l'année 2013, le nombre de logements mis en chantier avait reculé de 4 %. Au premier trimestre 2014, la baisse s'élève à 10 % (en comparaison avec le premier trimestre 2013).

Le nombre de mises en chantier devrait continuer à se réduire car les autorisations ont baissé de 12 % au premier trimestre.

La baisse des prix et la hausse des volumes dans l'ancien apparaissent comme un signal positif : la correction opérée sur les prix depuis 2012 (-4 % entre fin 2011 et fin 2013) commence à porter ses fruits et à resolvabiliser les ménages.

Pour autant, le recul des mises en chantier met en lumière un aspect moins réjouissant. La pression démographique et la réduction de la taille des ménages créent un besoin évalué annuellement à 500 000 logements nouveaux. Avec 320 000 habitations mises en chantier sur les 12 derniers mois, les difficultés pour se loger dans les zones tendues vont s'accroitre mécaniquement ce qui va limiter le recul des prix.

Le Conseil de simplification a présenté en avril dernier ses propositions de réformes au Président de la République. Concernant l'immobilier, outre l'allégement de certaines réglementations, est avancée l'idée de « Faciliter les projets de logement en zone urbaine ». Les restrictions imposées par les Plans locaux d'urbanisme rendent quasi-impossible la construction en centre-ville. Il conviendrait donc d'imposer aux communes des minima de densification dans les zones tendues. Sur le marché immobilier, les premiers mois 2014 ont prolongé la tendance de 2013. En politique, attendons (au moins espérons) l'inverse : au nouveau degré de complexité imposé par loi Alur en 2013 doit impérativement succéder le choc de simplification annoncé.

Rédaction Charles-Antoine Schwerer / Nicolas Bouzou

nicolasbouzou

Économiste et directeur-fondateur du cabinet de conseil et d'analyse économique Asterès, Nicolas Bouzou est membre du Conseil d'Analyse de la Société auprès du Premier Ministre, directeur d'études à la Law & business school de Paris II Assas, vice-Président du Cercle Turgot et chroniqueur sur Canal Plus. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont Le Chagrin des Classes Moyennes, Lattès, 2011.

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